La pénurie de masques est quelque chose dont on entend parler peut-être encore plus que de l’épidémie elle-même. Face à la crise, le gouvernement paye les décisions des précédents et tente d’y remédier en proposant des fabrications locales.

Pourquoi la France manque autant de masques

Depuis le début de la pandémie de Covid-19 et son arrivée en France, il est un scandale dont on parle sans cesse : celui du manque criant d’équipement médical, en particulier de masques. Comment en est-on arrivé là ? Victime d’une décennie de coupes budgétaires, l’hôpital public, aujourd’hui en première ligne contre l’épidémie, agonise. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, affirmait le 17 mars au micro de France Inter que la France dispose d' »assez de masques aujourd’hui« , mais il ajoutait qu' »en fonction de la durée de l’épidémie, nous ne savons pas si nous en aurons suffisamment à terme ». 110 millions de masques sont disponibles dans les caisses de l’État, selon M. Véran, alors que, 10 ans plus tôt, il y en avait plus d’un milliard.

En 2009, une autre pandémie s’abat sur le monde, beaucoup moins importante toutefois que celle que nous vivons actuellement et moins dangereuse que le SRAS en 2003 : la grippe H1N1. Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, joue la carte de la précaution au maximum. Elle commande plus de 250 millions de masques et 95 millions de vaccins. Or, il s’avère finalement que l’épidémie n’a pas ou très peu touché la France, ce qui conduit beaucoup à l’accuser d’avoir gaspillé les deniers publics. Depuis, la France a considérablement réduit ses commandes de masques, qui ne sont d’ailleurs plus créés qu’en Chine.

— InkheartX / Shutterstock.com

10 millions de masques par semaine d’ici fin avril

En visite dans une usine de masques en périphérie d’Angers, le président Emmanuel Macron a souhaité que la France devienne indépendante en termes de production de masques. Il a donc annoncé que d’ici fin avril, la France serait en capacité de produire 10 millions de masques par semaine, de même que 10 000 respirateurs d’ici mi-mai. Un consortium de producteurs français, mené par Air Liquide, va donc être chargé de produire tous ces respirateurs à temps. Les masques devront servir, en plus du personnel soignant, à tous ceux qui sont en contact avec du public, comme les caissiers, pompiers, policiers… Le président en a profité pour faire appel à la « reconstruction de notre souveraineté nationale et européenne » qui, au sortir de cette crise, devra être renouvelée.

L’opposition s’est empressée de rappeler au président ses choix en tant que ministre ou même une fois élu, de vendre des entreprises françaises à l’étranger. Parmi ces personnalités politiques, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI) qui affirme qu’il a « enfin compris », ou Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national (RN), qui tweete :

La France, qui avait délégué à la Chine le soin de fabriquer ses masques chirurgicaux, s’est retrouvée désarmée quand le coronavirus, venu de cette même Chine, s’est emparé du monde. Cette pandémie rappelle toutefois l’importance de la production locale et de l’indépendance financière.

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