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La pratique de téléconsultation a monté en flèche depuis le commencement de la pandémie de coronavirus et, comme vous pouvez vous en douter, l’utilisation des objets connectés est au cœur de cette pratique. Si certains voient cela comme une révolution de la médecine, d’autres ont prouvé à travers une étude que les objets connectés pouvaient ne pas trop être appréciés par les patients.

L’étude a porté sur 1.010 patients diabétiques

Une étude internationale coordonnée par l’équipe du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP et de l’Université de Paris a porté sur la manière dont les patients atteints de diabète percevaient les objets connectés. Au total, 1.010 patients diabétiques ont été interrogés, dont 360 patients français qui font partie du ComPaRe, une communauté de patients qui œuvre pour la recherche de l’AP-HP, nous rapporte ZDNet.

Les patients ont été interrogés sur 36 scénarios de surveillance du diabète utilisant différents outils connectés, notamment le « patch » permettant de suivre continuellement le taux de glycémie tout en permettant d’envoyer ces données à leur médecin, à des plateformes de suivi ou encore à des algorithmes automatiques.

Parmi ces 36 scénarios, 40 % ont été considérés comme étant très intrusifs ou extrêmement intrusifs par les participants.

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Une vision controversée de la surveillance à distance

En effet, l’AP-HP, par exemple, a exprimé tous les avantages des objets connectés et de l’intelligence artificielle dans un communiqué. Il a notamment indiqué que ces objets connectés permettaient la surveillance continuelle et en temps réel de la santé des patients et l’IA permettait le traitement de ces données massives. Plus encore, ces technologies permettraient non seulement de relocaliser une partie des soins au domicile du patient mais aussi d’affiner leur suivi.

Le Mayo Clinic Proceedings a quant à lui déclaré dans un rapport que la télésurveillance venait compléter les consultations en direct et permettait un flux de données continu en temps réel. Cette surveillance des patients à distance apporterait même aux personnes diabétiques « de meilleurs résultats de santé et une meilleure qualité de vie ».

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Les patients se sentent déshumanisés

Toutefois, tous les patients ne le voient pas ainsi. En effet, en plus de devoir gérer plusieurs appareils et applications et tenir compte des alertes et retours, ils s’inquiètent aussi de la manière dont leurs données sont utilisées ou même exploitées par des sociétés privées. Les auteurs de l’étude ont ainsi rapporté que les patients se sentaient déshumanisés et réduits à leurs données de surveillance.

Par ailleurs, le fait de devoir photographier les repas à travers une application est aussi perçu comme très intrusif par les patients. Néanmoins, les patients sont moins rébarbatifs quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Selon les chercheurs, cela est peut-être dû au fait que l’on perçoit l’IA comme ne portant pas de jugement. Mais d’un point de vue général, on peut ainsi dire que peu de patients sont en faveur de la télésurveillance.

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