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Le condor de Californie est l’un des oiseaux les plus rares au monde, mais il semble que la nature lui ait donné un coup de pouce inattendu. Deux poussins sont nés d’œufs non fécondés, indiquant une forme de reproduction asexuée extrêmement rare chez les oiseaux.

Une première chez cette espèce

Les habitudes de reproduction du condor de Californie sont essentielles pour les scientifiques. Cet oiseau en danger critique d’extinction ne comptait plus que 27 individus en 1987, lorsque les derniers spécimens sauvages ont tous été capturés et intégrés à un programme de reproduction contrôlé. Au cours des décennies qui ont suivi, le nombre d’individus, dont beaucoup ont depuis été relâchés dans la nature, est remonté à plus de 500.

La surveillance étroite de ces animaux a conduit à une découverte surprenante. Des tests génétiques effectués sur deux poussins ont en effet révélé que ceux-ci n’avaient biologiquement pas de père. Issus d’œufs n’ayant jamais été fécondés par du sperme, ils ne possédaient que le matériel génétique de leur mère.

Cette forme de reproduction asexuée, connue sous le nom de parthénogenèse, n’avait jamais été observée chez les condors de Californie, et rarement chez d’autres oiseaux.

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« C’est vraiment une découverte surprenante », estime Oliver Ryder, co-auteur de l’étude, parue dans le Journal of Heredity. « Alors que nous ne cherchions pas spécialement des preuves de parthénogenèse, nos résultats ont montré que les deux œufs possédaient les chromosomes sexuels ZZ mâles attendus, mais que tous les marqueurs étaient uniquement hérités de leurs mères. »

Des poussins par reproduction sexuée avant et après la parthénogenèse

Habituellement, les femelles recourent à la parthénogenèse en l’absence de partenaires mâles avec lesquels s’accoupler, mais il s’est avéré que les femelles condors vivaient avec des mâles fertiles depuis des années et avaient eu des poussins par reproduction sexuée avant et après la parthénogenèse, rendant le recours à ce type de reproduction encore plus surprenant.

La parthénogenèse est bien documentée chez certaines espèces d’abeilles, de termites, d’écrevisses et même de serpents. Des études ont suggéré qu’elle pouvait se produire chez certaines espèces d’oiseaux, comme les dindons, les pinsons et les pigeons, mais il était difficile de le vérifier avant les tests génétiques.

L’équipe indique que des études génotypiques seront menées afin de voir s’il existe d’autres exemples de parthénogenèse chez les condors de Californie. « Ces résultats soulèvent également la question de savoir si cela pourrait se produire sans être détecté chez d’autres espèces », conclut Ryder.

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