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La folle ascension de Nintendo, de modeste fabricant de cartes à jouer à géant du jeu vidéo

Aux origines de Big N

Fondée par Fusajirō Yamauchi en 1899, Nintendo Koppai produisait à l’origine des cartes à jouer traditionnelles japonaises appelées hanafuda. Gagnant rapidement en popularité, elle a ensuite opéré une mue profonde pour finir par devenir l’un des principaux acteurs du jeu vidéo.

En 1953, l’entreprise dirigée par Hiroshi Yamauchi, le petit-fils du fondateur, devient la première à produire des cartes à jouer plastifiées au Japon. Une innovation majeure qui permet à Nintendo de dominer le marché et la pousse à revoir en profondeur sa stratégie.

Six ans plus tard, la société nippone conclut un accord avec Disney afin de pouvoir imprimer les personnages iconiques du géant américain sur ses cartes à jouer. En visant un public beaucoup plus jeune, elle accède à un marché entièrement nouveau et s’y impose rapidement.

On estime que près de 600 000 paquets de cartes s’écoulent durant la première année d’exploitation des licences Disney. Nintendo en profite également pour développer de nouveaux concepts de jeux de cartes et publie des manuels présentant leurs règles.

À partir de 1962, la firme diversifie ses activités, avec la création d’une compagnie de taxi, d’une chaîne hôtelière, d’une marque de riz instantané et la fabrication de jouets. Comme vous pouvez vous en douter, toutes ces initiatives iront droit dans le mur, à l’exception de la dernière.

Exemples de cartes hanafuda produites par Nintendo à la fin de l’ère Meiji (1868-1912)

Le marché des cartes à jouer atteint son point de saturation en 1965 et les ménages japonais se désintéressent des produits phares de Nintendo. Gravement endettée, elle embauche Gunpei Yokoi, l’ingénieur providentiel qui va lui permettre de redorer son blason.

Alors que Hiroshi visite l’une des chaînes de montage de ses usines, il remarque que Yokoi s’amuse avec un bras mécanique extensible de sa fabrication, et décide de tenter le tout pour le tout en mettant au point un jouet en reprenant le concept.

Commercialisé juste à temps pour les fêtes de fin d’année, l’Ultra Hand cartonne et se vend à plus d’un million d’exemplaires. Un succès qui catapulte Yokoi à la tête du pôle développement de la société. Au cours des années suivantes, Nintendo fait figure de pionnière dans le domaine des jouets électroniques, et cette situation de quasi-monopole lui permet de vendre ses produits beaucoup plus chers.

C’est également à cette époque que l’entreprise commence à s’intéresser de près au jeu vidéo. Elle obtient notamment les droits de distribution de la Magnavox Odyssey au Japon, aujourd’hui considérée comme la première console de jeu « à usage domestique » au monde. Suite à ce succès, Nintendo décide de développer ses propres jeux et machines d’arcade.

Sorti en 1981 sur bornes d’arcade, Donkey Kong, considéré comme l’un des premiers jeux de plateforme de l’histoire, va permettre à Nintendo de s’imposer sur le marché américain

Première incursion de la firme dans ce domaine, EVR Race est une borne hybride commercialisée en 1975. Six ans plus tard, c’est Donkey Kong, jeu vidéo créé par un certain Shigeru Miyamoto, qui sort sur machines d’arcade. Il sera ensuite adapté sur Atari 2600, Intellivision et ColecoVision.

Nintendo en profite également pour se lancer sur le marché du jeu électronique portable avec les incontournables Game & Watch, aujourd’hui largement considérés comme les précurseurs de la Game Boy. Il faut finalement attendre 1983 pour que la société mette en vente sa propre console de salon, la Famicom (contraction de Family Computer), alors exclusive au Japon.

En deux mois seulement, la machine s’écoule à 500 000 exemplaires. Malheureusement, suite à de nombreuses plaintes, une enquête révèle qu’un défaut de fabrication cause des plantages généralisés, ce qui oblige Nintendo à rappeler l’ensemble des consoles vendues. Il faudra finalement attendre 1985 pour qu’elle fasse son grand retour sous le nom de NES (pour « Nintendo Entertainment System »).

Cette fois commercialisée dans le monde entier, celle-ci propose en majorité des jeux développés par Nintendo et un nombre limité de titres tiers. Une stratégie qui va se révéler payante pour la firme japonaise, qui connaîtra cette même année un succès critique et commercial retentissant avec la sortie de Super Mario Bros. (s’écoulant finalement à plus de 40 millions d’exemplaires).

Au cours des décennies suivantes, Nintendo lancera un grand nombre de consoles à succès (qu’elles soient portables ou de salon) et s’imposera comme l’un des leaders sur le marché du jeu vidéo grâce à ses licences iconiques (Mario, Zelda, Pokémon, etc.). Une trajectoire remarquable lorsque l’on considère que cette modeste entreprise fondée en 1899 était à l’origine spécialisée dans la production de cartes à jouer peintes à la main.

Pour aller plus loin, découvrez également les dessous du succès de Zelda, cette saga incontournable produite par Nintendo.

Par Yann Contegat, le

Source: Today I Found Out

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