Scandaleux : des poulets montrés brûlés vifs pour une exposition d’art à Lyon

L’artiste Adel Abdessedem fait beaucoup parler de lui depuis le début de son exposition Antidote au MAC de Lyon en exposant aux yeux de tous des poulets brûlés vifs… Une scène d’horreur qui fait vivement réagir les défenseurs de la cause animale.

 

UNE ŒUVRE CHOQUANTE

L’art contemporain aime faire parler de lui, suscitant bien souvent l’incompréhension d’un public non averti, il provoque à coup sûr la colère lorsqu’il met en scène des animaux dans des situations dégradantes ou de maltraitance.

Et cette performance a de quoi choquer : exposée au Musée d’Art Contemporain de Lyon (MAC), l’œuvre vidéo intitulée “Printemps” de l’artiste franco-algérien Adel Abdessedem met en scène une vingtaine de poulets attachés par les pattes à un mur et brûlés vifs. Les bêtes, paniquées, s’égosillent et se débattent.

C’est un jeune visiteur qui a tiré la sonnette d’alarme dès le deuxième jour de l’exposition sur Twitter, expliquant sa colère et son horreur devant cette scène insoutenable. Son post a depuis été visionné 340 000 fois et a été partagé par plus de 23 000 personnes.

Face à l’indignation générale, le musée a réagi en expliquant la performance de l’artiste dans un communiqué de presse, commençant par rassurer le public sur la réalisation de cette video. L’œuvre aurait été tournée au Maroc avec une équipe de techniciens spécialisés dans les effets spéciaux qui utilisent couramment ce produit pour créer des effets de flammes qui sont absolument sans danger.

La direction du musée ajoute que “Les poulets de Printemps (…) n’ont été soumis à cet effet de flammes que pendant trois secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l’artiste pour éviter toute souffrance. Ces trois secondes ont été ensuite montées en boucle dans un dispositif sonore et visuel qui en accentue la dramatisation ».

 

UNE PERFORMANCE CONTROVERSÉE

Malgré l’emploi de ce produit spécifique couramment utilisé au cinéma, le geste fait scandale et les défenseurs des animaux, à l’instar de l’association PETA ou du journaliste Aymeric Caron, le dénonce. En effet, si les volatiles n’ont pas souffert physiquement de brûlure, ils ont pu être blessés lorsqu’ils étaient pendus par les pattes et être traumatisés par l’effet de flamme qui s’est déclenché à la base de leurs corps. Pour PETA, il est temps de « mettre fin à cette « performance » qui n’est pas de l’art mais de la torture ».

Adel Abdessedem n’en est pas à son premier coup d’essai puisque en 2009, il montrait des violences faites sur les animaux dans une série de vidéo intitulée Don’t trust me. Il s’était alors rendu au Mexique pour filmer des animaux en train de se faire tuer à coups de masse dans une ferme. À travers ce travail et celui exposé au MAC de Lyon, il prétend dénoncer la violence envers les animaux et l’hypocrisie général de ceux qui tolèrent les abattoirs sans oser les regarder. Il se considère d’ailleurs lui même comme un animal blessé, blessé par la violence de sa génération, qu’elle soit envers les animaux ou envers les minorités.

Les performances avec les animaux ne sont pas rares dans l’art moderne et suscitent toujours débats et colère. À vouloir dénoncer la souffrance animale, ses paradoxes et la barbarie de la société, l’art fait quelque fois peu de cas de leurs conditions d’êtres vivants sensibles qu’il prétend défendre et réussi plus à indigner qu’à réellement questionner.

Concernant l’oeuvre de Adel Abdessedem, le musée n’a pas exprimé sont intention de la supprimer de l’exposition et elle y sera présente jusqu’au 8 juillet.

 

Extrait de la série de vidéos Don’t Trust Me d’Adel Abdessedem tournée en 2009 :

 

Mise à jour : l’œuvre a finalement été retirée de l’exposition, comme l’indique ce communiqué du Musée d’art contemporain de Lyon.


Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe.

— Philippe Noiret