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Dans un contexte où le débat sur la représentativité des communautés noires au sein de la société française est au cœur de l’opinion publique depuis la mort de George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis, aux États-Unis, des communes pourraient bientôt rendre hommage aux soldats africains de la Seconde Guerre mondiale en donnant à leurs rues des noms de combattants morts pour la France et provenant d’anciennes colonies. C’est en tout cas ce que souhaite le gouvernement français. 

La France a une part d’Afrique en elle

Les maires pourraient bientôt donner à leurs rues des noms de soldats africains de la Seconde Guerre mondiale morts pour la France afin de leur rendre hommage. C’est en tout cas l’objectif du gouvernement qui s’appuie sur un livret recensant les parcours de 100 combattants de la Seconde Guerre mondiale issus des colonies. 

La France a une part d’Afrique en elle. Notre gratitude doit être impérissable. Je lance un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre par le nom de nos rues et de nos places la mémoire des combattants africains”, avait d’ailleurs rapporté Emmanuel Macron le 15 août 2019 à Saint-Raphaël, dans le Var, à l’occasion des commémorations du 75e anniversaire du débarquement de Provence. 

Par ailleurs, le 1er juillet dernier, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, a remis à des parlementaires le livret évoqué plus haut et s’intitulant Aux combattants d’Afrique, la patrie reconnaissante. Un ouvrage qui a pour principe d’inciter les maires à renommer leurs rues, places et jardins publics selon des noms de soldats africains morts pour la France lors du second conflit mondial. “En mélangeant leur sang à notre terre, ils ont payé un lourd tribut au combat contre le nazisme. Morts pour la France, morts pour notre idéal, ces combattants méritent la reconnaissance pleine et entière de la Nation”, explique la secrétaire d’État dans la préface.

Alors que les Africains ont représenté plus de 80 % des effectifs de soldats ayant débarqué en Europe, “qui d’entre nous se souvient aujourd’hui de leurs noms, de leurs visages”, s’était également interrogé le président français. “Les Français d’origine africaine ont besoin de reconnaissance. Que cela plaise ou non, leurs ancêtres ont participé à la libération de la France. L’histoire de notre pays et celle de l’Afrique sont liées et il est urgent de le faire savoir”, a ajouté Sira Sylla, députée LRM de Seine-Maritime militant pour la reconnaissance des diasporas africaines. 

L’histoire de notre pays et celle de l’Afrique sont liées et il est urgent de le faire savoir”

Au moyen de ce livret, le gouvernement français veut donc sortir de l’ombre et mettre en lumière les parcours de ces hommes qui se sont battus pour la France. “Notre liberté, on la doit à nos alliés, à la résistance et à cette armée africaine. Cette diversité des combattants a permis la construction de notre pays. Il est important d’en être conscient et de les honorer. C’est vrai qu’il y a eu un manque de reconnaissance à l’égard de notre armée d’Afrique, mais il n’est pas trop tard. J’aimerais que les parlementaires soient aujourd’hui les ambassadeurs de cette mémoire auprès des maires et dans les territoires. Plutôt que de déboulonner, je vous propose de construire. Plutôt que de dénommer, je propose de nommer”, a rapporté au Monde Afrique Geneviève Darrieussecq. 

Ainsi, les maires qui le désirent peuvent désormais rendre hommage ou non à un soldat, à une unité ou bien à un événement en particulier. “Le choix des soldats s’est fait en prenant en compte la diversité des régions françaises dans lesquelles ils ont combattu, ainsi que la variété de leurs pays d’origine. Si un maire souhaite rendre hommage à un combattant africain qui s’est illustré dans sa commune, lors de la libération par exemple, il peut prendre contact avec nos services. Une enquête sera effectuée par le service historique de la défense pour lui proposer quelques noms”, a expliqué Maxime Ruiz, chargé de mission mémoire à l’ONACVG et coauteur du livret. 

A la suite de l’appel d’Emmanuel Macron, la ville de Bandol a alors inauguré au moins de janvier 2020 la place des Libérateurs africains prénommés Albert Banuls, Mohamed Dahel, Ali Fattani, François Gaillardo et Jean-Edouard Seffar, tous nés en Algérie et ayant perdu la vie dans cette ville en combattant contre les Allemands en août 1944. Une dizaine d’autres communes ont également exprimé leur souhait de rendre hommage aux soldats africains, notamment les tirailleurs sénégalais décédés dans la région de Lyon.

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Si à l’école on combat efficacement le racisme,ce n’est toujours pas le cas dans certaines familles blanches ou ethnies noire.