
Les fouilles d’une grotte située dans le sud-est de la Turquie ont révélé des preuves d’interactions et de transmissions culturelles entre les groupes de Néandertaliens et d’humains modernes amenés à l’occuper.
Un degré de continuité inattendu
S’il est bien établi qu’Homo sapiens et Néandertal ont cohabité dans une grande partie de l’Eurasie au cours du Paléolithique, leur proximité sur le plan comportemental reste débattue. Dans le sud de la France, la grotte Mandrin a livré des artefacts typiques de chacune de ces espèces, tandis que des traces de traditions funéraires et d’artisanat partagés ont été découvertes dans celle de Tinshemet, en Israël.
La dernière étude a impliqué l’analyse de couches de sol préhistoriques de la grotte turque Üçağızlı II, situant son occupation par des Néandertaliens il y a 77 000 à 59 000 ans, suivis par Homo sapiens entre 59 000 et 47 000 ans. Outre des dents et mâchoires préhistoriques fossilisées, ce sont plus de 19 000 outils ainsi que près de 25 000 restes animaux qui ont été identifiés, suggérant le recours à des techniques de chasse, de cueillette et d’artisanat étroitement similaires pour les deux espèces.
La découverte la plus frappante se résume à 59 coquilles de mollusques, dont 29 appartenaient à l’espèce Columbella rustica, impropre à la consommation et dont les enveloppes calcaires étaient essentiellement utilisées à des fins ornementales et symboliques par nos lointains ancêtres. Selon l’équipe, leur présence dans l’ensemble des couches d’occupation d’Üçağızlı II laisse « entrevoir des comportements communs entre Néandertaliens et humains modernes allant bien au-delà de la simple subsistance ».
Une continuité culturelle surprenante entre Néandertaliens et humains modernes dans la grotte Üçağızlı II, au nord du Levant (sud de la Turquie, côte méditerranéenne) https://t.co/ZKYqMKUror
— Bernadette Arnaud (@NarudaaArnaud) July 7, 2026
« Nous ne nous attendions pas à un tel degré de continuité », souligne İsmail Baykara, de l’université de Gaziantep. « Mais cela fait sens étant donné que ces deux lignées humaines ont été amenées à échanger des gènes [on estime que les populations humaines non africaines possèdent entre 1 et 2 % d’ADN néandertalien]. »
Point chaud de métissage
Le Levant, qui englobe la région où se trouve Üçağızlı II, est aujourd’hui largement considéré comme l’un des principaux points chauds de métissage entre notre espèce et nos cousins disparus.
« Le fait qu’ils aient vraisemblablement également partagé leurs cultures appuie l’idée d’une complexité cognitive et comportementale similaire chez les deux espèces, que des comparaisons de leurs structures cérébrales pourraient confirmer », concluent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
Plus tôt cette année, l’ADN de Néandertaliens tardifs remet en question une théorie dominante concernant leur extinction.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: Homo sapiens, Néandertalien
Catégories: Actualités, Histoire