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Le narcissisme symbolise le fait de se sentir plus intelligent, plus beau, plus important ou plus méritant que les autres. De nouvelles recherches révèlent que, dans la plupart des cas, cette croyance se détériore à mesure qu’une personne vieillit – mais pas pour tout le monde, et pas dans la même mesure.

Les expériences de vie négatives ont une influence sur notre degré de narcissisme

L’étude, parue dans le Journal of Personality and Social Psychology, révèle que l’ampleur de la baisse du narcissisme entre les jeunes adultes et les personnes d’âge moyen est liée à leurs choix de carrière et à leurs relations personnelles. La recherche s’est déroulée en deux temps : les sujets ont été évalués à l’âge de 18 ans, lors de leur première année à l’université de Californie à Berkeley, puis à l’âge de 41 ans. Sur les 486 participants initiaux, 237 ont complété cette second série d’évaluations, prenant la forme de questionnaires permettant d’évaluer leurs traits narcissiques, et explorant également leurs relations, leurs antécédents professionnels, leur satisfaction au travail, leur santé et leur bien-être personnel.

« Nous nous sommes concentrés sur l’orgueil des participants, la croyance en leurs propres qualités de leadership et leur tendance à se sentir plus légitimes que les autres », a déclaré Eunike Wetzel, professeure de psychologie à l’université Otto-von-Guericke. Les différentes facettes du narcissisme étaient généralement associées à des expériences négatives. Les personnes possédant les niveaux d’orgueil les plus élevés à l’âge de 18 ans avaient généralement connu des relations instables ou des divorces mais se disaient globalement en meilleure forme à l’âge de 41 ans, tandis que celles qui s’estimaient à l’époque plus légitimes que les autres étudiants, avaient vécu davantage d’évènements négatifs et se disaient moins heureuses dans leur vie personnelle comme professionnelle.

« Les gens se détournent de leurs anciennes tendances narcissiques avec le temps »

Au départ, les chercheurs pensaient que le leadership (persistance des objectifs, extraversion, et désir de diriger), considéré comme l’une des facettes du narcissisme les moins pathologiques, augmenterait avec l’âge de la même manière que l’estime de soi. Mais cette hypothèse s’est révélée erronée. Ils ont également constaté que l’orgueil déclinait davantage chez les sujets ayant vécu des relations sérieuses ou ayant eu des enfants. « Nous avons également remarqué que les jeunes adultes narcissiques étaient plus susceptibles d’occuper des postes à haute responsabilité 23 ans plus tard, ce qui laisse penser que les personnes égoïstes et arrogantes sont récompensées par des rôles organisationnels plus importants », a par ailleurs estimé Emily Grijalva, professeure de psychologie à l’université de Washington.

Si les personnes occupant une fonction impliquant de superviser d’autres individus étaient celles dont le degré de narcissisme était resté le plus stable au fil des années, les scientifiques ont constaté que les sujets s’étant soumis une seconde fois à leurs évaluations avaient globalement tendance à être moins narcissiques, ce qui sous-entend que nos expériences de vie nous forgent et nous rendent globalement plus matures. « Si certains des participants sont restés aussi narcissiques qu’ils l’étaient il y a 23 ans, seuls 3 % d’entre eux ont vu leur narcissisme global augmenter entre 18 et 41 ans. Il semble donc que les gens se détournent de leurs anciennes tendances narcissiques avec le temps », a estimé Eunike Wetzel.

« Ces résultats devraient rassurer ceux qui estiment que les jeunes d’aujourd’hui sont trop narcissiques », a de son côté conclu Brett Roberts, professeur de psychologie à l’université de l’Illinois ayant participé à l’étude.

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