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Louvre, Carnavalet… De plus en plus de musées français sont en train de renoncer aux chiffres romains. A leur place, les chiffres arabes sont privilégiés. Explications. 

De moins en moins de chiffres romains

Alors que les musées sont actuellement fermés, ils font quand même parler d’eux. En effet, comme l’a rapporté le 15 mars Le Figaro, certains d’entre eux comme le musée Carnavalet ont décidé de supprimer en partie les chiffres romains. Désormais, dans ce musée dédié à l’histoire de Paris, Louis XVI s’écrit également Louis 16.

La responsable du service des publics au musée Carnavalet, Noémie Giard, a justifié cette décision : “Nous ne sommes pas contre les chiffres romains, mais ils peuvent être un obstacle à la compréhension. Combien de fois avons-nous vu des parents lire les explications en principe dédiées aux enfants ?

Le Louvre fait aussi partie des musées à renoncer aux chiffres romains mais de manière moins radicale, a ajouté Le Figaro. En effet, ce musée les utilise toujours pour parler des reines et des rois. Alors que des musées de Rouen pensaient suivre la cadence, ils ont finalement changé d’avis. 

Des musées qui penchent plus pour les chiffres arabes

Au lieu d’écrire les siècles en chiffres romains, le musée Carnavalet a choisi les chiffres arabes. Déjà dédiés aux enfants, ils simplifieraient la lecture. Les chiffres romains sont alors conservés pour les rois. Les panneaux s’adressant à un large public présentent quant à eux les rois avec des chiffres arabes. Les visiteurs passent donc d’un Louis XIV à un Louis 14.

Pour les touristes espagnols, rien ne change. En effet, toutes les informations traduites dans leur langue conserveront les chiffres romains. Dans ce pays, ne pas les utiliser est une faute d’orthographe.

Des décisions très controversées

Ces décisions sont toutefois très controversées. “C’est l’histoire de la poule et de l’œuf : moins on les verra, moins on les maîtrisera”, estime François Martin, président de la coordination d’enseignants en langues anciennes dans Le Figaro.

La presse italienne se révolte également contre ces modifications. “La polémique : Louis XIV deviendra Louis 14”, a par exemple publié Il Messaggero en une. “Le vrai problème n’est pas le public. Non, le vrai problème, ce sont ceux qui décident, les hommes politiques, les dirigeants locaux”, a confié à ce journal Giusto Traina, professeur d’histoire romaine.

Pour le quotidien italien Corriere della Sera, “les musées français sont souvent accusés de faire trop de concessions pour s’ouvrir au marketing et au tourisme”. “Cette histoire de chiffres romains représente une synthèse parfaite de la catastrophe culturelle en cours : d’abord on n’enseigne pas les choses, puis on les élimine pour que ceux qui les ignorent ne se sentent pas mal à l’aise. Les obstacles servent à apprendre à sauter”, a ajouté Massimo Gramellini, écrivain et vice-directeur de Corriere della Sera

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TroikaOanelligDEVALSKuchen Auteurs de commentaires récents
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Kuchen
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Normal et logique
En réduisant le niveau d’instruction, on en est aux musées pour les nuls. Comme il a été dit, il est à propos que le peuple soit guidé et non pas instruit……

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DEVALS
Invité
DEVALS

C’est malheureusement évident. Précisons: tous les symboles dans la peinture mythologique, religieuse ou historique, personne ne les connaît ou n’éprouve l’envie de les connaître pour mieux comprendre. Les gens regardent-souvent au pas de course- une suite d’images colorées et basta! J’ai toujours pensé qu’il valait mieux aller au Musée pour voir quelques oeuvres seulement que l’on avait fait l’effort d »étudier un minimum et enrichi, si possible, de commentaires (audio-guide au minimum) que de faire un sprint dans les galeries! Il m’arrive, devant ce spectacle de moutons grégaires (souvent à leur corps défendant-merci les Tours Operators!), d’éclater de rire tout seul… Lire la suite »

DEVALS
Invité
DEVALS

N’en déplaise aux défenseurs désespérés de la langue française; malgré leurs initiatives et leurs efforts, jamais relayés dans les actes par les pouvoirs publics, les grandes entreprises, les médias, …la langue s’est tellement affadie, a été réduite au minimum, ses références au passé ne sont qu’un lointain souvenir (comme le « gai Paris! »), je suis au regret de vous dire que la langue italienne est largement au-dessus: il reste une richesse de vocabulaire, un fonds culturel dans toute la société italienne, un attachement local qui lui permettent de résister, même si, comme ailleurs, les anglicismes foisonnent (mais avec l’accent et un… Lire la suite »