— © Jonathan Banks / Microsoft

Débuté en 2016, le Project Silica vise à créer une solution de stockage permettant d’archiver des données sur de très longues périodes de temps avec un encombrement minimal. Ce n’est donc pas un hasard si l’industrie du cinéma, et plus particulièrement Warner Bros., s’intéresse de près à ce type de technologie.

Fiabilité, longévité et faible encombrement

Les studios de cinéma archivent des milliers de films dans leurs entrepôts, mais le celluloïd, support sur lequel les copies originales des longs-métrages sont imprimées, est loin d’être un format de stockage idéal : l’humidité le dégrade et il se révèle également très inflammable. En raison du risque élevé de corruption et de perte de données, le disque dur n’est pas non plus le candidat idéal pour archiver des films uniquement sortis des entrepôts dans le cadre de remastérisations. C’est ici qu’intervient la solution de stockage en verre innovante de Microsoft, qui allie fiabilité, longévité et faible encombrement.

Comme le rapporte Variety, c’est le film Superman de 1978 qui a été choisi pour être fixé sur ce nouveau support de stockage, dans le cadre de la collaboration entre Microsoft et Warner Bros. Mesurant 7,5 cm de côté pour 2 mm d’épaisseur, ce carré de verre peut contenir jusqu’à 75,6 Go de données. Si cela peut sembler peu par rapport au Blu-Ray double couche, concentrant 50 Go sur un disque de 12 cm de diamètre, Microsoft entend améliorer son support et le doter d’espaces de stockage de plus en plus élevés. Sachant que l’intérêt principal du dispositif réside dans sa stabilité et non sa capacité de stockage.

Dans le cadre de leurs essais, les ingénieurs de Microsoft ont soumis leurs prototypes à un véritable supplice (chauffage dans des fours traditionnels ou à micro-ondes, immersion dans l’eau bouillante ou ponçage avec de la laine d’acier), afin de s’assurer que les données restent lisibles.

Plusieurs dizaines de couches de données

Comme l’a expliqué Brad Collar, en charge des archives chez Warner Bros., le fait que le choix de la société se soit porté sur le film Superman n’est pas un hasard. Il y a quelques années, Collar et son équipe avaient trouvé les enregistrements audio d’une pièce radiophonique de Superman stockés sur un support en verre, et avaient dû batailler pour trouver les appareils permettant de les lire et de les numériser. Lorsque l’homme a entendu parler du Project Silica, utilisant également du verre, c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers le long-métrage de Brad Donner, mettant en vedette Christopher Reeve.

Le Project Silica utilise des lasers semblables à ceux utilisés en chirurgie oculaire pour graver des formes appelées voxels dans le verre. À la différence des CD, DVD et Blu-Ray comportant habituellement deux couches, le support de stockage développé par Microsoft en intègre plusieurs dizaines (74 pour le support contenant Superman).

Afin de lire les données stockées, une lumière polarisée est diffusée à travers le verre et les reflets projetés analysés à l’aide de lecteurs microscopiques. Pour s’assurer de la fiabilité de la gravure, les ingénieurs de Microsoft ont procédé à une vérification bit par bit qui s’est révélée concluante.

Nous ne sommes toutefois pas près de voir ce type de support se démocratiser. Microsoft a expliqué que sa technologie devait encore être améliorée, et que ses ingénieurs planchaient actuellement sur un dispositif unifié de lecture/écriture dédié, semblable aux graveurs de disques optiques standards.

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