
Planète la plus proche du Soleil, Mercure présente d’importants dépôts de glace au niveau de ses pôles. Une nouvelle étude renforce l’idée d’un événement cataclysmique dans un passé cosmique relativement proche.
Monde hostile
Ce monde rocheux d’environ 4 880 kilomètres de diamètre ne serait sans doute pas l’endroit idéal où passer des vacances extraterrestres. En raison de sa rotation particulièrement lente (une journée sur Mercure correspond à 176 jours terrestres), sa face tournée vers notre astre affiche des températures pouvant dépasser les 430 °C.
Si ses pôles restent constamment dans l’ombre, la présence de couches de glace de plusieurs mètres d’épaisseur dans plusieurs de leurs cratères, révélée il y a plus d’une décennie par la sonde Messenger de la NASA, intrigue les astronomes.
Précédemment, il avait été proposé que cet élément ait été convoyé par une comète d’environ 17 kilomètres de diamètre, qui aurait percuté Mercure à environ 30 kilomètres par seconde. Détaillées dans le Journal of Geophysical Research: Planets, des modélisations d’une précision sans précédent appuient ce scénario, mais suggèrent une collision plus lente, impliquant également un corps glacé plus massif.
L’impact se serait produit il y a environ 100 millions d’années, donnant naissance au gigantesque cratère Hokusai. Essentiellement vaporisée, l’épaisse masse de roche et de glace aurait temporairement doté Mercure d’une atmosphère tenue, mais riche en eau. Selon les calculs des auteurs de l’étude, un peu plus d’un cinquième de la vapeur d’eau atmosphérique aurait pu migrer vers les pôles, échappant ainsi au rayonnement solaire. « Ce chiffre correspond plus étroitement aux relevés de Messenger », notent-ils.

Pas plus d’un jour mercurien
Cette succession d’évènements n’aurait pas pris plus d’un jour mercurien, en faisant « de loin le plus mouvementé du dernier milliard d’années de l’histoire de la planète », selon Emily Costello, de l’université d’Hawaï.
Actuellement, il s’agit de l’hypothèse la plus solide pour expliquer la présence de glace dans les cratères polaires de Mercure, et son absence sur la Lune, qui se révèle similaire à cette planète à bien des égards. « Contrairement à notre satellite naturel, elle a connu un apport d’eau récent et à grande échelle », souligne Costello.
Les futurs relevés de BepiColombo, lancée en 2018 et qui entrera à nouveau dans le giron de Mercure plus tard cette année, pourraient contribuer à éclairer son histoire, ainsi que la chronologie de l’apparition de l’eau dans le Système solaire interne.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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