
Près d’un demi-siècle après son lancement, la vénérable sonde américaine Voyager 2 commence à montrer de sérieux signes de fatigue. Grâce à une « mise à jour » astucieuse, la NASA lui a récemment offert un nouveau répit.
Un nouveau coup de pouce
Comme sa jumelle Voyager 1, Voyager 2 est alimentée par des générateurs thermoélectriques qui convertissent la chaleur dégagée par la désintégration du plutonium en électricité. Mais après près de 49 ans de vol, leurs réserves de cet élément radioactif s’épuisent, ce qui se traduit par une perte annuelle d’environ 4 watts de puissance.
Si l’Agence spatiale américaine est jusqu’à présent parvenue à les « maintenir en vie » en désactivant notamment des équipements dédiés à l’étude du Système solaire, n’étant d’aucune utilité à l’heure où celles-ci filent à travers l’espace interstellaire, d’autres ont dû être désactivés à contre-cœur. C’est notamment le cas de l’instrument dédié à la mesure des particules chargées à faible énergie, qui fournissait des informations importantes sur la structure et la composition de cette « frontière cosmique ».
Dans le cadre de l’opération « Big Bang », la NASA a annoncé le 4 août avoir réussi à réduire la consommation électrique de Voyager 2 en désactivant plusieurs dispositifs de chauffage et en les remplaçant par des alternatives bien moins gourmandes en énergie.
Grâce à cette nouvelle pirouette, la sonde et ses trois instruments scientifiques encore actifs (son magnétomètre ainsi que ses détecteurs d’ondes plasmatiques et de rayons cosmiques) vont pouvoir continuer à fonctionner dans l’espace interstellaire, où les températures de certaines de ses surfaces peuvent approcher les 0 °C. La manœuvre devrait être prochainement étendue à Voyager 1.
L’odyssée interstellaire se poursuit
Actuellement, Voyager 1 et 2 se trouvent respectivement à plus de 25,57 et 21,37 milliards de kilomètres de nous. À ce rythme, la première devrait devenir le premier objet fabriqué par l’homme à atteindre une distance d’un jour-lumière de la Terre le 13 novembre 2026.
Selon les calculs de la NASA, les deux sondes devraient rester à portée du Deep Space Network, et donc continuer à échanger des informations avec celui-ci, jusqu’aux années 2030.
Plus tôt cette année, des astronomes amateurs avaient capté un signal historique de Voyager 1.