4 alternatives écologiques et non toxiques pour se protéger en période de menstruations

Il n’est pas toujours évident de respecter l’environnement en toutes circonstances, surtout lorsqu’on est une femme en période de règles. Alors que les entreprises leaders sur le marché offrent des protections contenant des pesticides, d’autres proposent des alternatives 100 % écolos.

Avez-vous déjà remarqué que la composition des protections périodiques n’est jamais indiquée sur la boîte ? Les multinationales leaders du « confort féminin » n’ont, en effet, aucune obligation d’afficher les composants des produits hygiéniques. Seules quelques marques minoritaires, souvent bio, fournissent la composition complète de leurs produits.

tampon

Les leaders sur le marché, comme Procter & Gamble, restent bien évasifs sur le sujet. « Les fibres absorbantes de nos tampons sont principalement en coton, en rayonne de viscose ou un mélange de coton et de rayonne, et peuvent contenir du polyéthylène, du polypropylène et du polyester », répond Maud Smith, responsable communication pour Tampax et Always, les deux marques Procter & Gamble.

Par exemple, le tampon serait composé en grande partie de coton mais le problème repose sur le blanchiment du produit. En général, ce processus est fait par oxygénation, en utilisant des azurants chimiques et, la plupart du temps, du chlore. Le chlore entre alors en contact avec la viscose, le mariage formant de la dioxine, un polluant nocif, même en petites quantités. En pénétrant dans les muqueuses, cette substance toxique finirait par s’accumuler dans le corps des femmes.

via Youtube
via YouTube

« En attendant d’obtenir des réponses scientifiques, il ne faut pas diaboliser les protections conventionnelles mais il est important d’alerter les patientes sur le risque d’apparitions de mycoses et de démangeaisons, favorisées par des ingrédients qui déséquilibrent la flore vaginale », explique Yukiko Peaupardin, gynécologue obstétricienne à Strasbourg.

Les protections périodiques ont également un impact sur notre planète. Par exemple, le tampon met plus de 400 ans à se décomposer. Les tampons ne sont jamais recyclés : une fois jetés, ils sont enfouis ou brûlés. Dans sa vie, une femme utilise en moyenne 11 000 tampons. On vous laisse calculer l’impact environnemental.

Célébration du jour de l'hygiène périodique, le 28 mai, ici en Inde, pour sensibiliser les jeunes filles à une bonne hygiène sans craindre les tabous (by WASH United)
Célébration du jour de l’hygiène périodique, le 28 mai, ici en Inde, pour sensibiliser les jeunes filles à une bonne hygiène sans craindre les tabous (by WASH United)

Depuis quelques années, l’opinion publique se mobilise pour faire avancer les droits des consommatrices. La sénatrice américaine Carolyn Maloney défend le projet de loi Robin Danielson, en référence à une femme décédée à la suite de la toxicité de ces composants. La loi vise à entreprendre des recherches scientifiques sur les composants et à obliger les entreprises à dévoiler leurs secrets de fabrication.

Une nouvelle pétition a été lancée pour s’attaquer à trois problématiques en même temps : la révélation des substances contenues dans les produits, la lutte pour plus de transparence et la réduction du prix des protections hygiéniques. Le collectif américain de l’ONG Campaign for Safe Cosmetics milite quant à lui pour l’insertion de nouveaux produits plus sains.

Cet effrayant constat pousse de plus en plus de femmes à opter pour des alternatives plus écologiques. Bien que toujours marginaux, ces produits changent la donne et sont plus sains pour l’intimité féminine.

 

Les serviettes hygiéniques lavables

En 2014, Marie Reveilhac et Noëlle Papay fondent Dans ma culotte, une entreprise de production de serviettes hygiéniques lavables. Ayant découvert le concept lors d’un voyage aux Etats-Unis, elles décident alors d’investir le marché français. La serviette réutilisable est simple à utiliser : lavage à l’eau tiède et au savon pour au moins 200 utilisations.

La fabrication est également écolo comme le confirme l’entreprise. « Le tissu technique est hypoallergénique et certifié Oeko-Tex 100, la plus exigeante des normes allemandes. Il provient de chutes d’une entreprise alsacienne de matériel médical. C’est donc de l’économie circulaire », précise Marie Reveilhac. Il faudra compter entre 17 et 19 euros pour ce nouveau type de protection.

 

La coupe menstruelle en silicone

Récemment popularisée, cette alternative est fabriquée en silicone médical non allergène. Introduite à la main dans le vagin, la coupe récolte le flux et offre une protection allant de quatre à douze heures. Il suffit de l’ébouillanter une fois au début du cycle, puis de la rincer au moins une fois toutes les douze heures.

Ayant une durée de vie de dix ans et un prix variant entre dix et trente euros, le récipient reste assez souple et confortable. Cependant, laver l’objet discrètement ou le mettre en place peut se révéler problématique pour certaines femmes. Dans ma culotte propose également ce type de protection.

 

Les tampons et les serviettes bio

cotonnatur

Seulement quelques entreprises commercialisent déjà ces protections. Les tampons sont blanchis à l’eau oxygénée et non au chlore et sont garantis hypoallergéniques et biodégradables. L’inconvénient de cette alternative repose dans son prix : il faudra compter six euros pour une boite de tampons ou de serviettes.

 

Les éponges menstruelles

eponge

Connue de tous, l’éponge naturelle peut également être utilisée comme protection périodique. Après avoir été récoltées en mer, les éponges sont purifiées et lavées sans produit chimique. Une à deux éponges peuvent être placées dans le vagin ; il suffit ensuite de les laver en utilisant des gouttes d’huiles essentielles et de l’eau tiède. Ce moyen alternatif reste le moins cher : entre quatre et sept euros. Il est toutefois conseillé de la remplacer une fois tous les six mois. Elle est déconseillée pour les femmes portant un stérilet.

Comme tout acte quotidien, la protection intime n’est pas cantonnée à des solutions polluantes et toxiques. Vous voulez continuer à changer vos habitudes de consommation ? Découvrez ces 6 téléphones qui tentent de trouver des solutions aux millions de tonnes de déchets électroniques produits chaque année.


Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux