Ce sans-papiers de 21 ans force le respect : il a risqué sa vie pour sauver plusieurs personnes

Pour sauver des vies, certains n’hésitent pas à faire preuve de courage, quitte à se mettre eux même en danger. C’est exactement ce à quoi Mamoud Diallo a été confronté. Ce stagiaire sans-papiers s’est interposé et enfermé dans une pièce avec un homme pris de folie afin de protéger ses collègues. 

 

UN SANS-PAPIERS DEVENU HÉROS

Il y a encore un an, Mamoud Diallo ne se doutait pas que son courage et son sang-froid allait faire de lui un héros. Sans-papier originaire de Guinée-Conakry, ce jeune homme de 21 ans arrive en Isère au printemps 2018. Malgré son statut, il fait la rencontre d’un homme qui l’accueille chez lui et lui offre l’opportunité d’intégrer un centre de formation pour saisonniers à Autrans.

Suite à une formation de trois mois où il a appris la cuisine, le service et l’accueil, la structure qui le forme lui propose un stage pour la saison hivernale car elle est dans l’impossibilité de l’embaucher pour l’instant. Mais son geste pourrait bien changer les choses car il a permis d’éviter un véritable drame.

 

« JE SAIS QUE JE VAIS MOURIR, JE N’AI PAS PEUR »

Les faits remontent au mardi 29 janvier dernier, en début de soirée. Alors que Mamoud est en cuisine, un cri provenant du couloir l’interpelle. C’est alors qu’il découvre l’un des cuisiniers pris d’une crise de folie, armé d’un couteau de boucher. Un collègue est à terre, blessé au visage. Comprenant que l’homme est prêt à tuer, Mamoud intervient.

Il saisit l’individu armé, le dirige vers la cuisine et s’enferme avec lui afin de protéger les autres personnes présentes dans le centre. Faisant barrage, il tente de canaliser le cuisinier puis parvient à le calmer. Ce n’est que 20 minutes plus tard que les gendarmes arrivent sur les lieux et embarquent l’agresseur, placé depuis en hôpital psychiatrique.

« J’ai compris qu’il allait tuer la fille et peut-être s’en prendre aux autres après. Alors c’était normal que je me sacrifie. Moi je sais que je vais mourir, je n’ai pas peur. Chaque jour, j’ai ça dans ma tête ! Nous, les Africains, on est habitué. » 

 

SON COURAGE SALUE

Pour Ludovic Brassac, adjudant-chef en charge de l’affaire, le geste de Mamoud est d’autant plus héroïque que le jeune homme a un gabarit plus petit que l’agresseur. Toutefois ses mots et son courage lui ont permis de mettre fin à cette situation, prouvant que la violence n’est pas une solution. Enfin l’adjudant-chef, marqué par cette histoire, en a fait part à la préfecture pour que Mamoud puisse plus facilement obtenir son permis de séjour.

« Je veux que tout le monde sache qui il est : quelqu’un qui travaille dur, qui est respectueux, motivé… Et une belle personne. Il mérite le même traitement que ce jeune sans-papiers malien qui a escaladé des balcons pour sauver un enfant. C’est clairement un acte héroïque, très rare de nos jours ! »

 


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