— Nicolas Primola / Shutterstock.com

Des mineurs sondant un champ aurifère dans le Grand Nord canadien ont mis au jour les restes d’un jeune mammouth laineux. Il s’agit du spécimen momifié le plus complet jamais découvert en Amérique du Nord.

Un spécimen exceptionnel

Nommé Nun cho ga (signifiant « gros bébé animal » en langue autochtone), ce spécimen juvénile de mammouth laineux arpentait les vastes plaines du Yukon il y a plus de 30 000 ans, aux côtés de chevaux sauvages, lions des cavernes et autres bisons géants des steppes. Selon le paléontologue Grant Zazula, la jeune femelle se serait probablement éloignée momentanément de sa mère et retrouvée piégée dans la boue.

Initialement identifiée par un jeune chercheur d’or creusant le permafrost du territoire traditionnel de Trʼondëk Hwëchʼin, la dépouille congelée de l’animal a récemment pu être étudiée par les chercheurs, qui ont été stupéfaits de son degré de préservation. Celle-ci comporte ongles, peau, poils ainsi que des intestins intacts, ayant révélé la composition de son ultime repas.

« Bien que le Yukon ait été le théâtre de nombreuses découvertes fossiles datant de l’ère glaciaire au cours des dernières décennies, il est rarissime de découvrir des spécimens aussi intacts », souligne Zazula. « Il s’agit sans doute de l’une des découvertes paléontologiques les plus importantes jamais réalisées en Amérique du Nord. »

Fin 2020, cette région sauvage avait fait la une de l’actualité suite à la découverte d’un louveteau momifié vieux de 57 000 ans et parfaitement conservé. L’analyse de son génome avait notamment confirmé que l’animal était apparenté aux anciens loups gris béringiens et russes, ancêtres de l’ensemble des loups gris modernes.

Des mammouths laineux ayant probablement persisté bien plus longtemps que prévu

D’une taille similaire aux éléphants d’Afrique, les mammouths laineux étaient chassés par les premiers humains, qui consommaient leur viande et utilisaient leurs os, peau et défenses pour fabriquer divers objets décoratifs, outils, vêtements et même consolider leurs habitations.

Si le changement climatique et une chasse excessive sont régulièrement présentés comme les deux principales causes de leur disparition, le récent réexamen d’échantillons d’anciens sols gelés a suggéré que ces créatures massives de l’ère glaciaire s’étaient éteintes bien plus tard que prévu. Les mammouths laineux auraient ainsi persisté 8 000 ans de plus qu’on ne l’estimait auparavant, ne disparaissant qu’au milieu de l’Holocène.

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