Gros plan révélant l’excellent état de conservation des tissus mous et des dents de l’animal — © Government of Yukon

Découverte au Yukon par un chercheur d’or, la momie remarquablement bien conservée d’un très jeune loup préhistorique avait été piégée pendant des dizaines de milliers d’années dans le permafrost canadien.

La momie de loup la plus complète jamais découverte

Le permafrost possède une capacité étonnante à préserver les restes des animaux anciens. Des restes de mammouths renfermant de l’ADN suffisamment bien conservé pour permettre des études génétiques apparaissent régulièrement, tandis qu’un précédent spécimen de loup préhistorique présentait de l’ARN intact, que l’on pensait se détériorer beaucoup plus rapidement. Des vers congelés depuis 40 000 ans ont même repris vie lorsqu’ils ont été réchauffés et nourris.

Présentée dans la revue Current Biology, la récente découverte d’un spécimen juvénile de loup dans le nord-ouest canadien se révèle également impressionnante, en raison de l’excellent état de conservation de ses tissus mous (peau, fourrure, organes…). « C’est la momie de loup la plus complète qui ait jamais été trouvée », explique Julie Meachen, premier auteur de l’étude. « Elle est pratiquement intacte à 100 %, il ne manque que ses yeux. Et le fait qu’elle soit si complète nous a permis d’en apprendre beaucoup sur sa vie. »

À en juger par le développement de ses dents et de ses os, les chercheurs estiment que cette très jeune femelle de l’ère glaciaire, baptisée Zhùr, avait environ sept semaines au moment de sa mort. Les isotopes du contenu de son estomac ont de leur côté indiqué que son alimentation provenait majoritairement de sources aquatiques, le saumon étant apparemment son met favori.

Vue aux rayons X de la dépouille, ne mesurant qu’une quarantaine de centimètres du museau à la queue pour un poids d’à peine 670 grammes — © Government of Yukon

L’excellent état de conservation de Zhùr implique qu’elle ait été piégée très rapidement dans la boue gelée. Celle-ci semblait également être en bonne santé, ce qui suggère que l’animal se trouvait dans sa tanière lorsque cette dernière s’est effondrée, la tuant instantanément. Les chercheurs ont même pu estimer le moment de l’année où cet incident fatal s’est produit : les loups modernes d’Alaska se reproduisent généralement autour du mois d’avril et mettent bas au début de l’été, ce qui situerait la mort de l’animal en juillet ou en août.

Un spécimen apparenté aux ancêtres des loups gris modernes

L’analyse de son génome a confirmé qu’elle était apparentée aux anciens loups gris béringiens et russes, ancêtres de l’ensemble des loups gris modernes. Toutefois, en dépit de l’excellent état de conservation de la dépouille de l’animal, qui sera prochainement exposée au Centre d’interprétation de la Béringie du Yukon à Whitehorse (Canada), certaines questions resteront malheureusement sans réponse.

« On nous a demandé pourquoi elle était le seul loup découvert dans la tanière, et ce qu’il était arrivé à sa mère ou ses frères et sœurs », détaille Meachen. « Il est possible qu’elle était le seul petit. Ou que les autres loups ne se trouvaient pas dans la tanière durant l’effondrement. Malheureusement, nous ne le saurons jamais. »

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athena
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athena

Le permafrost libère à cause du changement climatique des gaz, des virus… les pandémies ne font que commencer, à cause de l’homme !

athena
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athena

Ou vous vous gourez d’article, ou vous ne pensez qu’à votre sexe… lamentable !