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Une étude révèle que, lors du premier confinement, les hospitalisations d’enfants pour maltraitance ont augmenté de 50 %. Les recherches ont porté sur les enfants de 0 à 5 ans, et ont prouvé que la mortalité suite à ces maltraitances est également en nette augmentation.

Une hausse des violences sans précédent

Dès le premier jour du confinement, le 16 mars, Adrien Taquet, secrétaire d’État à la protection de l’enfance, exprimait ses craintes sur une possible hausse des violences intrafamiliales, en particulier sur les très jeunes enfants. Cette semaine, alors que les premiers résultats des études sur le sujet commencent à être dévoilés, on ne peut que constater amèrement que ces craintes étaient fondées. En effet, l’étude, réalisée par le CHU de Dijon ainsi que le Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations Paris-Saclay de l’Inserm, dont les résultats ont été soumis à la revue américaine Pediatrics et publiés, révèle que les hospitalisations pour maltraitance concernant les enfants de 0 à 5 ans ont augmenté de 50 % par rapport aux années précédentes.

Catherine Quantin, responsable du service de biostatistiques et informatique médicale du CHU de Dijon, a dirigé cette enquête. Avec son équipe de chercheurs, ils ont analysé en particulier les admissions hospitalières concernant les très jeunes enfants de 0 à 5 ans, entre mars et avril, et les ont comparées à la même période en 2017, 2018 et 2019. Le constat est sans appel : le nombre d’enfants hospitalisés pour des faits de violences physiques a augmenté de 50 % durant la période, comparé aux années précédentes.

La difficulté de repérer ces violences

« Ce que nous avons observé confirme des recherches montrant que la garde en crèche est protectrice, et que plus la garde se déroule à la maison, plus le risque de maltraitance est élevé chez les plus petits », affirme Catherine Quantin. Le fait que les enfants n’aillent plus à la crèche ni à l’école pendant cette période a eu pour conséquence de les laisser à la merci de parents violents, sans professionnels pouvant repérer et alerter sur de possibles cas de maltraitance.

De son côté, le service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger rapporte également une hausse des appels sur la période, hausse de 56,2 % par rapport à 2019. Certains scientifiques expliquent cette hausse par le stress du confinement qui influe sur la santé mentale des parents. Toutefois, cette seule explication ne saurait servir d’excuse à la violence. Catherine Quantin craint que ces chiffres ne soient que « la face immergée de l’iceberg », car des violences ont pu ne pas être signalées, et les chiffres pourraient être en réalité beaucoup plus importants.

Pour le deuxième confinement, les enfants ayant pu aller à l’école et à la crèche, les chiffres seront sûrement différents. Mais Nathalie Cougny, présidente de l’association Les maltraitances, moi j’en parle, craint tout de même que la situation n’engendre des difficultés : « Avec la Covid-19, il va y avoir d’autres problèmes, liés au port du masque et à la distanciation qui reste pour les enfants un facteur d’anxiété. En outre, les parents vont être davantage déprimés, certains vont perdre leur travail, etc. Ce climat anxiogène risque ainsi d’engendrer des difficultés à la maison. »

Voici une liste de numéros à appeler si vous êtes témoin ou victime de violences :

  • Allô enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 3919 ou un SMS au 114

Et si vous êtes au bord du burn-out parental :

  • Allo Parents bébé : 0 800 00 3456
  • Allô Parents Confinés de l’Ecole des parents : 0805 382 300
  • SOS parentalité : 0974 763 963

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