La Lune se trouve à l’intérieur de l’atmosphère de la Terre ! Grâce aux données fournies par le photomètre Swan, à bord de l’observatoire spatial Soho du Soleil, une équipe franco-russe a calculé que la géocouronne de notre planète s’étendait jusqu’à 100 rayons terrestres, soit environ 630.000 kilomètres au-delà de la Terre. L’atmosphère de notre planète s’étend donc bien au-delà de la ligne de Kármán, notre frontière avec l’espace, définit arbitrairement à 100 kilomètres d’altitude.

 

LA LUNE EST À L’INTÉRIEUR DE L’ATMOSPHÈRE DE LA TERRE

La question de la taille de l’astmosphère de la Terre a longtemps été en suspens. Néanmoins, pour pallier ce vide, une frontière a été désignée arbitrairement avec l’espace. Il s’agit de la Ligne de Kármán, localisée à 100 kilomètres d’altitude et utilisée depuis comme référentiel par la Fédération aéronautique internationale. Cependant, pour des raisons mnémotechniques, la NASA et l’U.S. Air Force la situe à 50 miles terrestres, soit environ 80,5 kilomètres.

Toutefois, une équipe franco-russe dirigée par Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) vient de publier dans la revue Journal of Geophysical Research ses conclusions basées sur les données récoltées il y a plus de vingt ans par le photomètre Swan, à bord de l’observatoire spatial SOHO.

Ainsi, les chercheurs ont calculé que notre géocouronne, la partie lumineuse de la région la plus externe de l’atmosphère terrestre, s’étend au moins jusqu’à 630.000 kilomètres, soit deux fois la distance Terre-Lune ! Dans leur préambule, les scientifiques déclarent : « On a découvert que la géocouronne s’étendait au moins jusqu’à 100 rayons terrestres (…). Une distance sans précédent dépassant largement les résultats récents de l’imageur LAICA, et englobant l’orbite de la Lune ».

 

L’ATMOSPHÈRE DE LA TERRE S’ÉTEND AU-DELÀ DE LA LUNE

Cette nouvelle découverte confirme donc que l’atmosphère de notre planète est bien plus large que le cercle bleu que l’on peut observer autour de la Terre, depuis l’espace. Ainsi, comme l’explique Jean-Loup Bertaux, « elle se poursuit jusqu’à se fondre dans l’espace, se finissant en un vaste nuage d’atomes d’hydrogène que l’on nomme géocouronne ». Bien sûr, l’atmosphère terrestre autour de la Lune n’a rien à voir avec celle qui nous permet de vivre sur Terre, comme le rappelle Jean-Loup Bertaux : « À 60.000km, elle n’est déjà plus composée que de 70 atomes par centimètre cube… et à mi-chemin, au niveau de la Lune, seulement 0,2 atome par centimètre cube ».

Cette découverte de l’équipe franco-russe est extrêmement importante pour les chercheurs. Selon eux, elle pourrait servir à affiner les mesures et à « corriger les erreurs d’observation du ciel dans l’ultraviolet », comme l’explique le directeur de recherche émérite au CNRS. En effet, les atomes d’hydrogène présents dans l’atmosphère terrestre émettent un rayonnement ultraviolet qui parasite les observations astronomiques réalisées dans la géocouronne. Jean-Loup Bertaux rappelle ainsi que « les télescopes spatiaux étudiant la composition chimique des étoiles et des galaxies devraient tenir compte de ces interférences ».

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