Le Su-57 devait renforcer la défense d’un site pétrolier situé à plus de 2 500 kilomètres de l’Ukraine. Pourtant, des drones ont atteint la raffinerie d’Omsk le 6 juillet 2026, révélant les difficultés russes à protéger un territoire immense contre ces attaques lointaines.

À Omsk, la présence du Su-57 n’a pas empêché les drones ukrainiens d’atteindre la raffinerie
La raffinerie d’Omsk a été visée le 6 juillet par une attaque ukrainienne menée à très longue distance. Cette installation majeure se trouve en Sibérie occidentale, à plus de 2 500 kilomètres de la frontière ukrainienne, dans une région longtemps considérée comme relativement protégée.
Des vidéos tournées sur place montrent un appareil identifié comme un Su-57 évoluant au-dessus de la zone. Plusieurs analyses spécialisées y voient la première utilisation documentée de ce chasseur contre des drones ukrainiens à longue portée, même si le déroulement exact des interceptions reste difficile à établir.
La présence de l’avion n’a toutefois pas suffi à sécuriser totalement le site. Les autorités locales ont confirmé l’attaque, tandis que des images ont montré de la fumée au-dessus de la raffinerie. Cela ne prouve pas que le Su-57 n’a abattu aucun drone, mais la protection est restée incomplète.
Une configuration inhabituelle révèle comment Moscou adapte son avion furtif à la lutte antidrones
L’appareil observé semblait emporter quatre missiles air-air de courte portée sous ses ailes. Il disposait également d’un système électro-optique 101KS-N, installé sous le fuselage et capable d’aider l’équipage à repérer des cibles aériennes difficiles à détecter.
Ce montage répond aux contraintes de la chasse aux drones. Les appareils ukrainiens volent souvent lentement et à basse altitude. Cependant, les missiles placés à l’extérieur augmentent la signature radar du Su-57 et réduisent l’intérêt de sa furtivité, l’une de ses principales caractéristiques.
Le choix des missiles extérieurs privilégie la disponibilité immédiate au détriment de la discrétion
Les armes visibles pourraient être des R-73 ou des modèles apparentés. Leurs dimensions expliqueraient leur installation sous les ailes plutôt que dans les soutes internes. Le R-74, plus récent, a pour sa part été conçu pour mieux s’intégrer aux compartiments du Su-57.
Dans cette mission, la discrétion radar compte moins que la capacité à décoller rapidement avec plusieurs missiles disponibles. Le chasseur ne cherche pas à pénétrer une défense ennemie. Il doit surtout localiser puis détruire des engins relativement lents au-dessus du territoire russe.
Ce choix montre aussi les limites économiques de l’interception. Employer un avion de combat moderne et un missile air-air coûteux contre un drone moins cher peut sembler disproportionné. Néanmoins, Moscou doit arbitrer entre ce coût et les dégâts potentiels sur ses infrastructures pétrolières.
Les frappes profondes obligent la Russie à disperser des avions rares pour défendre ses sites stratégiques
Le Su-57 reste présent en nombre limité dans les forces russes. Moscou l’utilise surtout pour lancer des armes à distance, afin de réduire son exposition. Son engagement dans des missions de défense intérieure traduit donc la pression croissante exercée par les frappes ukrainiennes profondes.
Cette pression touche également les bases aériennes. Au printemps 2026, une opération ukrainienne contre l’aérodrome de Shagol avait visé plusieurs appareils russes, dont des Su-57. La Russie doit désormais protéger simultanément ses avions, ses raffineries et un réseau énergétique réparti sur plusieurs milliers de kilomètres.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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