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L’impact des pesticides sur la santé devient un sujet préoccupant pour les élus des grandes villes, des villages et du département du Val-de-Marne. Pour protéger leurs concitoyens des effets néfastes des pesticides de synthèse, les maires de Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont décidé de s’allier pour interdire ou limiter considérablement l’utilisation de ces pesticides sur leur territoire.

Une initiative qui se propage à travers les collectivités

Le 12 septembre dernier, Le Monde a rapporté que les cinq grandes villes ont fait part de leur détermination à user du « principe de précaution » pour interdire « l’usage des produits phytosanitaires chimiques sur l’ensemble de leurs territoires ».

Le maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a ainsi déclaré à travers ce journal que leur première idée était de manifester leur solidarité avec les maires ruraux. Toutefois, les élus se sont finalement dit qu’ils seraient « plus efficaces ensemble pour faire modifier la loi ». Cet élu et ses confrères souhaitent ainsi « ouvrir le débat » et « changer de paradigme ».

Plusieurs villes ont suivi le mouvement parmi lesquelles se trouvent Grenoble, Lille et Nantes, Langoüet, Puy-Saint-André, Villeneuve-d’Ascq, Antony, Murles et Saint-Genis-Pouilly. Certains ont décidé de bannir les pesticides de leur territoire tandis que d’autres ont tranché pour des zones tampons sans épandage d’au moins 150 mètres autour de toute habitation.

Un « coup de com » selon la ministre de la Transition écologique

Seulement, ni le gouvernement ni la justice ne semblent du même avis que ces représentants du peuple. Pour rappel, le premier édile de Langouët, en Ille-et-Vilaine, avait déjà voulu adopter une réglementation limitant considérablement l’utilisation des pesticides mais son arrêté municipal a été attaqué par la préfecture et a été suspendu par le tribunal administratif de Rennes le mardi 27 août 2019.

La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, va même jusqu’à prétendre que cette action des élus n’est qu’un « coup de com » car deux législations ont déjà été adoptées pour limiter l’usage des pesticides en milieu urbain. La première est la loi Labbé qui a interdit l’usage des pesticides dans les espaces verts ouverts au public depuis le 1er janvier 2017. Quant à la seconde, elle oblige les jardiniers amateurs à n’utiliser que des phytosanitaires d’origine naturelle depuis le 1er janvier 2019.

Certaines législations limitent déjà l’utilisation des pesticides mais ce n’est guère suffisant, selon les élus.

« Il y a des trous dans la raquette » affirment les élus

Cependant, les cinq élus affirment que plus qu’une démarche symbolique, leur action est motivée par les lacunes actuelles de la loi. Pénélope Komitès, adjointe chargée des espaces verts à Paris, rapporte dans l’article du Monde qu’ « à Paris, nous travaillons beaucoup sur la biodiversité. Nous avons fait de l’information auprès des particuliers pour leur montrer comment prendre soin de leurs plantes de manière plus écologique. Mais cela ne suffit pas : environ 600 hectares dans la capitale échappent à l’interdiction d’utiliser ces substances toxiques. »

Plus encore, selon Pénélope Komitès le projet de loi en consultation jusqu’au 1er octobre imposant une distance minimale de 5 à 10 mètres des habitations selon les cultures et « pour les substances les plus dangereuses » est du « n’importe quoi » vu que « chacun sait que ces substances sont volatiles ». Les élus, comme Martine Aubry, maire de Lille, demandent ainsi que le gouvernement arrête « de faire semblant de prendre des demi-mesures à 5 ou 10 mètres ».

En tout cas, le gouvernement aura du mal à faire la sourde oreille face à de tels mouvements. L’objectif des élus est clair : amener le gouvernement à adopter une législation anti-pesticides plus respectueuse de la santé de leurs concitoyens.

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