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Des chercheurs américains ont récemment identifié une possible boucle de rétroaction, dans laquelle un mauvais régime alimentaire déclenche une augmentation de la densité cellulaire dans une région du cerveau, influençant ensuite le comportement alimentaire.

S’appuyer sur la densité cellulaire d’une région cérébrale pour prédire la prise de poids

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue PNAS, une équipe de chercheurs de l’université de Yale s’est appuyée sur l’imagerie cérébrale et a constaté qu’une certaine région du cerveau permettait de prédire la future prise de poids chez l’enfant. Selon les scientifiques, les observations réalisées suggèrent qu’une réponse inflammatoire au niveau cérébral, déclenchée par une alimentation inadaptée, peut se traduire plus tard par une consommation de nourriture excessive.

« On sait que l’inflammation est associée à l’obésité, mais la manière exacte dont elle intervient dans le cerveau humain a été difficile à étudier », souligne Richard Watts, auteur principal de l’étude.

Les recherches se sont concentrées sur le noyau accumbens, région du cerveau impliquée dans le circuit de la récompense, dont l’hyperactivité avait précédemment été liée à l’alimentation excessive et la prise de poids. Les scientifiques ont examiné les données de l’étude sur le développement cognitif du cerveau chez les adolescents, actuellement en cours et explorant la relation entre le développement cérébral et la santé, et utilisé une technique d’IRM récente afin d’obtenir des informations sur les microstructures tissulaires du cerveau.

Impliquant une cohorte d’environ 2 000 enfants âgés de neuf ans, l’étude a mis en évidence une forte corrélation entre l’augmentation du tour de taille et une densité cellulaire plus élevée dans le noyau accumbens, tandis que l’analyse des données de suivi à plus long terme a révélé que cette densité pouvait être utilisée pour déterminer efficacement la prise de poids susceptible d’intervenir au cours de l’année suivante.

Une méta-analyse a récemment montré que l’adiposité localisée au niveau du ventre représentait un facteur de risque de mortalité — My_Gook / Shutterstock.com

« C’est un cercle vicieux »

Selon l’équipe, ces résultats suggèrent une boucle de rétroaction dans laquelle une mauvaise alimentation peut conduire à une stimulation chronique des régions cérébrales impliquées dans le circuit de la récompense alimentaire, se traduisant par une augmentation de la densité cellulaire dans ces zones, à l’origine d’une consommation alimentaire excessive. « C’est un cercle vicieux », soulignent les auteurs de l’étude. « Avoir une mauvaise alimentation conduit à consommer davantage de ce type d’aliments, et ces données mettent en évidence un possible mécanisme cérébral expliquant ce phénomène. »

Si des recherches antérieures sur les animaux avaient montré que l’obésité pouvait provoquer une neuroinflammation locale dans le noyau accumbens, les chercheurs rappellent qu’il est difficile d’examiner précisément ce processus dans le cerveau humain, et que des travaux supplémentaires seront nécessaires pour identifier précisément l’ensemble des mécanismes impliqués.

« Cette étude représente une étape vers une meilleure compréhension des mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent la prise de poids chez l’enfant, ce qui sera d’une importance capitale pour orienter les stratégies d’intervention précoce et de prévention de l’obésité », conclut BJ Casey, co-auteur de l’étude.

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