Grâce à l’apport de l’IA, des scientifiques sud-coréens ont conçu un test non invasif et fiable pour diagnostiquer rapidement le cancer de la prostate à partir d’un simple échantillon d’urine.

Fiable, rapide et non invasif

Se situant au premier rang des cancers chez l’homme, nettement devant ceux du poumon et colorectal, le cancer de la prostate représente environ 26 % de l’ensemble des cancers incidents masculins et survient dans environ 66 % des cas chez des sujets âgés de 65 ans et plus. Bien que l’on note une diminution du nombre de cas depuis quelques années, environ 50 000 sont diagnostiqués chaque année en France, et plus de 8 000 décès ont été enregistrés en 2018.

Son dépistage repose actuellement sur la détection dans le sang d’antigènes prostatiques spécifiques (PSA), un marqueur du cancer. Malheureusement, la précision de cette approche n’est que de 30 %, ce qui oblige les médecins à recourir à des procédures invasives supplémentaires, telles que la biopsie, afin de confirmer le diagnostic. Bien qu’elles puissent sauver des vies si le cancer est détecté à un stade précoce, ces procédures peuvent se révéler douloureuses et provoquer des hémorragies.

Mais tout cela pourrait bientôt être amené à changer, grâce aux travaux prometteurs de chercheurs de l’Institut coréen des sciences et des technologies (KIST), récemment présentés dans la revue ACS Nano. Les scientifiques ont conçu un test de dépistage du cancer de la prostate recherchant quatre facteurs favorisant sa survenue dans des échantillons d’urine plutôt que de sang.

Tati9 / Shutterstock.com

Une précision de près de 100 %

Ces différents marqueurs du cancer sont détectés par un biocapteur ultrasensible basé sur un signal électrique se révélant suffisamment sensible pour identifier des traces des molécules sélectionnées. Une intelligence artificielle spécialement conçue et formée pour cette tâche identifie ensuite les sujets atteints d’un cancer de la prostate en analysant les schémas complexes des signaux détectés. Lors de tests réalisés sur 76 échantillons, le dispositif a atteint une précision de près de 100 %.

« Pour les patients qui ont besoin de chirurgie et/ou de traitements, le cancer sera diagnostiqué avec une grande précision en utilisant l’urine afin de minimiser le recours aux biopsies et les traitements inutiles, ce qui pourra avoir pour effet de réduire considérablement les coûts médicaux et la charge de travail du personnel soignant », a estimé le professeur In Gab Jeong, co-auteur de l’étude.

— Image Point Fr / Shutterstock.com

En novembre dernier, un kit permettant de détecter le cancer du sein et reposant sur une approche similaire avait été primé à l’occasion des James Dyson Awards 2020.

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de