Première mondiale : des embryons de moutons contenant des cellules humaines

C’est une première : des scientifiques ont créé les premiers hybrides humain-mouton. Cette expérience ouvre à nouveau le champ des possibles en matière de culture d’organes avec la possibilité de transplantation chez l’être humain.

 

Les hybrides humain-mouton : une première scientifique

La création des premiers hybrides humain-mouton est une première. Elle représente une avancée dans la science pour la culture d’organes et la transplantation chez l’homme mais soulève aussi des questions éthiques : le risque de créer un animal avec une conscience humaine, un potentiel passage des maladies animales à l’homme ? Dans le cas suivant,  les résultats de cette expérience offrent la possibilité de soigner le diabète de type 1 avec la création de pancréas sains capables de réguler la glycémie.

Les scientifiques de l’Université de Stanford expliquent avoir cultivé des embryons de mouton contenant des cellules humaines, lors d’une réunion de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, à Austin. Une conséquence importante dans la culture d’organes humains chez les animaux.

Les chercheurs espèrent dans les années à venir offrir une réduction des listes de transplantation, et un taux de rejet de greffes moins important avec la croissance de certains organes chez les animaux, où ces derniers pourraient être cultivés avec les propres cellules du patient malade.

La modification génétique dans la production d’embryons d’animaux

Les chercheurs utilisent une technique de modification du génome dans la production des embryons animaux. L’objectif est de réussir à l’aboutissement d’un organe manquant grâce au développement des cellules humaines introduites dans les embryons.

Cette expérience n’est pas la première du genre : les scientifiques tentent depuis longtemps de faire pousser des organes d’une espèce à l’intérieur d’une autre. Déjà un pancréas de rat avait été cultivé à l’intérieur d’une souris par les chercheurs de l’Université de Stanford.

Actuellement, l’autorisation de développement des embryons se limite à 28 jours. Les chercheurs souhaitent prolonger ce temps afin d’en apprendre davantage sur la spécialisation des cellules. Il faudrait prolonger l’expérience à 70 jours pour voir si les cellules humaines peuvent créer un organe.

Un espoir pour les transplantations, mais des recherches lentes

En 2017, des scientifiques de l’Université de Californie ont créé des embryons hybrides humain-cochon, une cellule sur 100 000 était humaine dans cette expérience. Cette fois, pour les hybrides humain-mouton, ce sont les chercheurs de l’Université de Stanford qui annoncent avoir réalisé la même chose sur des embryons de moutons, avec environ une cellule humaine sur 10 000.

« Nous avons déjà généré un pancréas de souris chez le rat, puis nous l’avons transplanté chez une souris diabétique et nous avons montré une guérison presque complète », déclare le Dr Hiro Nakuachi, qui dirige la recherche.

Les organes de porcs et de moutons ont une taille semblable à ceux des humains. Toutefois, « Cela pourrait prendre 5 à 10 ans mais je pense que nous serons finalement en mesure de le faire », affirme le Dr Hiro Nakuachi. Il y a un peu plus de 10 ans étaient créés les premiers hybrides rat-souris. La recherche prend du temps pour certaines raisons : « C’est comme si vous vous insériez sur une autoroute où les voitures roulent trois fois plus vite que la vôtre, vous devez choisir le bon moment pour vous insérer sinon vous causez un accident », indique Jun Wu, principal auteur de l’étude sur les hybrides humain-cochon.


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