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Si l’accouplement forcé est souvent observé chez les grenouilles, il s’avère que certaines femelles usent d’une stratégie ingénieuse pour y échapper, consistant à simuler leur propre mort.

Mesures anti-accouplement

De nombreuses espèces de batraciens, dont la grenouille commune européenne (Rana temporaria), ne disposent que de quelques semaines par an pour se reproduire. Ce qui implique que de nombreux mâles se disputent les femelles, avec des conséquences potentiellement fatales pour ces dernières. « Il se peut que plusieurs d’entre eux s’accrochent à une femelle, entraînant souvent sa mort par noyade », explique Carolin Dittrich, du Muséum d’histoire naturelle de Berlin.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Royal Society Open Science, la scientifique et ses collègues ont découvert que les grenouilles communes femelles utilisaient différents stratagèmes pour éviter un tel scénario.

L’examen du comportement de dizaines de spécimens, prélevés durant la saison de reproduction et placés dans des boîtes remplies de quelques centimètres d’eau, a montré que la tactique d’évasion la plus répandue, observée dans 83 % des cas, impliquait la rotation rapide des femelles pour échapper aux mâles trop entreprenants.

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Employée par 48 % d’entre elles, la seconde impliquait un grognement semblable à celui émis par le mâle lors de l’accouplement pour éloigner ses rivaux potentiels. Enfin, une « immobilité tonique », correspondant à un comportement de mort apparente, a également été observée chez un tiers des femelles.

Des stratégies efficaces

Globalement, l’utilisation de ces stratégies (parfois combinées) a permis à près de la moitié des femelles d’échapper aux mâles, avec un taux de réussite plus élevé chez les spécimens les moins imposants.

Bien que cette étude ait été réalisée en laboratoire, Dittrich estime que de tels comportements interviennent également dans la nature. « On considèrait habituellement que les femelles étaient démunies, mais cette étude montre qu’elles sont très loin d’être passives », conclut la chercheuse.

Il y a quelques jours, une autre étude étonnante avait révélé que certains mâles papillons obstruaient les organes génitaux des femelles pour les empêcher de s’accoupler.

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