Indispensables à l’écosystème, les grands carnivores ont perdu 90 % de leur territoire en 500 ans

Les lions, les tigres ou les loups d’Ethiopie vous fascinent ? Sachez qu’en 500 ans, ces espèces ont perdu plus de 90 % de leur territoire. D’autres animaux tirent mieux leur épingle du jeu, mais tous voient leur habitat naturel se réduire. Chris Wolf et William Ripple, de l’université d’État de l’Oregon, dressent le bilan.

Des espèces gravement atteintes

Chris Wolf et William Ripple ont étudié l’évolution du nombre de grands prédateurs (25 espèces pesant plus de 15 kg ont été sélectionnées) depuis les années 1500 jusqu’à aujourd’hui et dressé une carte de leur répartition sur la planète. Il s’avère qu’ils n’occupent plus de nos jours qu’un tiers de leur territoire. Les individus qui subsistent évoluent maintenant aux marges de leur territoire originel et sont plus vulnérables à l’extinction.

Quelques chiffres encourageants

Certaines espèces ont moins souffert que d’autres. Ainsi, le lynx eurasiatique et le dingo d’Australie n’ont subi qu’une perte de 12 %. Les hyènes rayées, 15 %, leurs consœurs tachetées 24 % et les hyènes brunes 27 %. Quant au loup gris, on déplore une diminution de 26 % de son territoire. Mais les taux peuvent être très variés. Ainsi, certains ours, les pumas et les léopards comptent entre 30 % et 90 % de perte d’espace.

Là où les prédateurs ont disparu, l’homme s’est généralement implanté ou a fait croître son cheptel ou sa production agricole. Dans les secteurs de la toundra ou de forêts nordiques, où l’homme reste encore rare, le recul est moins important. Cependant, même dans certaines parties de l’Inde où la densité de la population humaine atteint 300 personnes par km2, hyènes et léopards se maintiennent.

De plus, la disparition de certains grands prédateurs a permis le développement d’espèces carnivores intermédiaires, et si on compte ensemble les loups, les chiens sauvages, les dingos et les coyotes, qui partagent un ancêtre commun, on peut même dire que leur territoire a augmenté.

Le rôle des réintroductions par l’homme

Chris Wolf souligne le rôle des réintroductions faites par l’homme et leurs chances de succès. En effet, de nombreux grands carnivores sont résistants, surtout si l’Homme favorise, par ses lois ou son comportement, leur préservation. Ainsi, le loup reprend du terrain en Europe et en Amérique du Nord.

Cependant, le scientifique émet des réticences sur les priorités établies entre les espèces, réagissant à la récente volonté de réintroduire le lynx eurasiatique. En effet, ses chiffres montrent qu’il est la dernière espèce qui a besoin du secours de l’Homme…


Chaque seconde, 2.5 oiseaux se tuent sur un pare-brise de voiture aux Etats-Unis.

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