
Les séries modernes les dépeignent souvent dans leur Scandinavie natale, mais les Vikings étaient de véritables « globe-trotters », en attestent les inscriptions découvertes au cœur d’Istanbul il y a plusieurs décennies.
Un morceau d’histoire
Comme son nom l’indique, Sainte-Sophie n’a pas toujours été une mosquée. Avant d’être transformée en lieu de culte islamique en 1453, suite à la conquête de Constantinople par l’Empire ottoman, il s’agissait d’une basilique où des empereurs tels que Théodose II et Basile Ier ont été couronnés.
Initialement bâti sur les fondations d’un temple païen autour de 360 de notre ère, l’édifice a été détruit par les flammes à deux reprises. Sa forme actuelle remonte essentiellement à 537 de notre ère, sous le règne de l’empereur romain d’Orient Justinien Ier.
Musée laïque entre 1935 et 2020, Sainte-Sophie est aujourd’hui séparée en deux, avec un rez-de-chaussée principal réservé au culte, et une galerie supérieure accessible aux touristes.
C’est dans cette partie que l’experte runique Elisabeth Svärdström a identifié une inscription inhabituelle en 1964. Partiellement effacée, celle-ci avait été laissée sur une dalle de marbre environ un millénaire plus tôt. Une partie lisible du texte évoquait le prénom nordique « Halfdan ». En 1975, c’est cette fois le graffiti d’un certain « Ári », prénom également typiquement scandinave, qui a été trouvé dans une autre section de la galerie.

Des liens étroits avec la Scandinavie
Au premier abord, la présence de tels griffonnages, à quelque 2 400 kilomètres de la Scandinavie, peut surprendre. Mais comme l’ont montré les découvertes archéologiques réalisées au fil des décennies, les Vikings se sont aventurés dans des contrées lointaines, notamment en Afrique du Nord ou même en Amérique.
Pendant des siècles, ce peuple nordique a entretenu des liens, notamment commerciaux, étroits avec Constantinople. En 860 de notre ère, des guerriers scandinaves établis entre la mer Baltique et la mer Noire l’ont mise à sac. Lorsque la situation s’est apaisée, une partie a formé la Garde varangienne, chargée d’assurer la protection des empereurs.
Aujourd’hui encore, on ignore si les inscriptions trouvées à Sainte-Sophie étaient l’œuvre de membres de cette unité d’élite de l’armée byzantine, de marchands, de diplomates ou bien d’exilés politiques.