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De récentes recherches ont montré que l’inhalation d’une faible dose de protoxyde d’azote, également connu sous le nom de gaz hilarant, permettait d’améliorer l’état de sujets dépressifs au cours des deux semaines suivantes.

Traiter la dépression grâce au protoxyde d’azote

S’il est depuis longtemps établi que cet anesthésique courant (dont l’usage est également détourné à des fins récréatives) peut améliorer momentanément l’humeur et soulager la douleur, on pensait jusqu’à présent que l’effet s’estompait rapidement. Le gaz hilarant semble affecter principalement le cerveau en bloquant les molécules des cellules nerveuses appelées récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA). Soit les mêmes récepteurs que ceux ciblés par la kétamine, puissant anesthésique soulageant également la dépression.

Bien que le processus via lequel les récepteurs NMDA modifient l’humeur demeure encore aujourd’hui obscur, la mise en évidence des effets antidépresseurs de la kétamine avait poussé Peter Nagele et ses collègues de la Washington University School of Medicine à se pencher sur le protoxyde d’azote, afin de déterminer si ce dernier possédait un potentiel similaire.

En 2014, son équipe avait constaté qu’une séance d’inhalation de protoxyde d’azote de 60 minutes réduisait les symptômes dépressifs pendant une durée allant jusqu’à 24 heures chez les sujets pour lesquels les traitements antidépresseurs classiques s’étaient révélés inefficaces.

Dans le cadre de ces nouveaux travaux présentés dans la revue Science Translational Medicine, les chercheurs américains ont examiné 24 personnes souffrant de dépression résistante aux médicaments. L’utilisation prolongée de protoxyde d’azote pouvant entraîner différents effets secondaires, ceux-ci se sont vu administrer une demi-dose de protoxyde d’azote, une dose complète ou un mélange placebo d’air et d’oxygène, à raison d’une séance par mois pendant trois mois.

Des effets significatifs

Après deux semaines, les symptômes de dépression des sujets ayant reçu la demi-dose avaient en moyenne diminué de cinq points par rapport aux personnes s’étant vu administrer le mélange placebo, selon une échelle couramment utilisée pour évaluer ce trouble. Ce qui constituait un bénéfice significatif.

À l’issue du traitement à dose complète, les chercheurs ont noté une réduction des symptômes dépressifs légèrement plus marquée, mais la différence était si faible qu’elle aurait aussi bien pu être due au hasard. Le groupe ayant reçu la demi-dose a également présenté une incidence beaucoup plus faible de nausées, maux de tête et vertiges.

« Comme la kétamine, le protoxyde d’azote a l’avantage d’améliorer rapidement l’humeur », explique Nagele. « Quelque chose, comparable au fait d’actionner un interrupteur, se passe dans le cerveau, mais son mode de fonctionnement exact demeure encore aujourd’hui un mystère. »

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