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Connaissez-vous le protoxyde d’azote ? Egalement appelé « proto », « I69GN » ou encore gaz hilarant, il s’agit d’un gaz utilisé dans les siphons de cuisine et vendu sous forme de cartouches de siphon à chantilly. Il est aussi utilisé comme analgésique dans le milieu médical en raison de ses propriétés anesthésiques. Toutefois, il se trouve que ces derniers temps, le protoxyde d’azote ait trouvé une nouvelle utilité chez les jeunes.

Les sénateurs et autorités sanitaires voient le gaz hilarant comme un danger pour les jeunes

Certains jeunes détournent l’usage de ce gaz, contenu dans des cartouches, pour le déverser dans un ballon de baudruche. Quelques inspirations de ce gaz provoquent ensuite un fou rire irrépressible.

Cependant, comme nous le rapporte Sciences et Avenir, le 10 décembre 2019, ce lobby des jeunes ne fait pas du tout rire les autorités sanitaires françaises et encore moins les sénateurs, qui voient en ce gaz hilarant, une porte d’accès qui pourrait amener les jeunes à être peu à peu séduits par les drogues. Un risque que Valérie Létard, sénatrice centriste, veut éradiquer le plus tôt possible.

Justement, Valérie Létard et sept autres sénateurs du Nord ont soumis une proposition de loi à l’ordre du jour du Sénat le mercredi 11 décembre 2019. Déjà cosignée par une centaine d’élus de tout horizon, cette proposition sera examinée au cours d’une « niche » du groupe Union centriste. S’adressant à l’AFP, la sénatrice a déclaré que « nous sommes au début d’un phénomène qui risque de se répandre ». D’où la nécessité d’instaurer « un arsenal législatif pour limiter les dérives, même si on sait que ce n’est pas parfait ».

Les jeunes n’ont pas conscience des risques qu’ils encourent

Récemment, les autorités sanitaires françaises ont remarqué une « augmentation des cas de troubles neurologiques graves » dus à un usage « récréatif » du protoxyde d’azote. Depuis le début de l’année 2019, elles ont noté « 25 signalements d’effets sanitaires sévères », avec dix cas graves. Ces cas graves pouvaient même aboutir à des séquelles telles que des paralysies des membres. 8 cas ont été recensés dans les Hauts-de-France tandis qu’en Grande-Bretagne, « plus de 30 morts ont été enregistrés depuis 2001 », indique la sénatrice.

Selon Nicolas Prisse, président de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) : Il est urgent de débanaliser cet usage qui, depuis deux ans, touche de plus en plus de jeunes qui n’ont pas conscience des risques encourus.

L’usage du gaz hilarant est déjà très répandu chez les jeunes

Dans la proposition de loi, les sénateurs prévoient également de pénaliser toute personne incitant un mineur à détourner l’usage d’un produit de consommation courante pour n’obtenir que les effets psychoactifs. Actuellement, il n’existe effectivement aucune restriction sur la vente des cartouches dans les grandes surfaces comme sur Internet.

Toutefois, le nombre ahurissant de capsules métalliques vides retrouvées sur la voie publique – 100 kg par mois à Loos, commune limitrophe de Lille – a vite fait d’interpeller l’Association des maires du Nord. De plus, selon l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le gaz hilarant serait présent non seulement dans les « soirées étudiantes » mais l’utilisation détournée de ce gaz aurait déjà également atteint les jeunes adolescents, les lycéens et même les collégiens.

Mais quels sont justement les risques de santé encourus ? Selon les autorités sanitaires, les effets néfastes peuvent aller de brûlures par le froid à l’expulsion du gaz, l’évanouissement, l’asphyxie par manque d’oxygène… et si l’usage détourné est régulier ou à forte dose, cela peut même entraîner une « atteinte de la moelle épinière, une carence en vitamine B12, une anémie et même des troubles psychiques ».

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