
Avec des exemples précoces remontant jusqu’à 500 millions d’années, de mystérieux fossiles hexagonaux intriguent depuis longtemps les paléontologues. Une équipe italienne pense avoir identifié le groupe d’animaux à l’origine de ces structures.
Un mystère paléontologique tenace
Souvent présentés comme l’une des plus anciennes énigmes de la paléontologie, ces motifs, connus sous le nom de Paleodictyon, ont été décrits pour la première fois de façon exhaustive par le biologiste italien Giuseppe Meneghini en 1850. Appartenant au groupe des graphoglyptides, ichnofossiles caractérisés par des formes géométriques complexes, ils sont généralement conservés sous forme de moulages sur la face inférieure des couches sédimentaires.
Au fil des décennies, de telles traces ont été trouvées aussi bien au fond des océans qu’au sommet de chaînes montagneuses, mais l’identité du « coupable » reste largement débattue.
Afin d’éclaircir ce mystère, Andrea Baucon, de l’université de Gênes, et ses collègues ont passé au crible la littérature scientifique disponible et également recherché de nouveaux spécimens fossiles dans des sections des Alpes ainsi que des Apennins qui formaient des fonds océaniques il y a des centaines de millions d’années.
Publiés dans la revue Earth-Science Reviews, ces travaux ont permis d’établir une correspondance étroite avec l’amplitude de mouvement des isopodes et des amphipodes, deux types d’arthropodes, invertébrés au corps segmenté et dotés d’un exosquelette dur.

De probables réseaux de communication
Les structures fossiles s’apparentent à des tunnels rectilignes reliés entre eux par des sections aux angles marqués. Alors que de précédentes recherches avaient conclu qu’il s’agissait de probables vestiges d’anciens tapis bactériens, la nouvelle étude suggère des réseaux de communication pour des communautés d’arthropodes marins.
« Leur structure hexagonale aurait notamment pu faciliter la transmission de signaux chimiques, hydrauliques ou acoustiques », estime Baucon.
Pour son équipe, la prochaine étape consistera à sonder les fonds marins avec des submersibles équipés de caméras, afin de documenter la création de ces tunnels en temps réel.
L’an passé, de mystérieux terriers avaient été découverts au fond de la fosse du Japon.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: fossile, arthropode
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