poisson évolution
Vue d’artiste de Qikiqtania wakei (au centre) et de son parent plus massif Tiktaalik roseae — © Alex Boersma

L’étude approfondie d’un fossile de poisson préhistorique vieux de 385 millions d’années a révélé qu’il s’agissait d’un descendant des premiers animaux terrestres, constituant un exemple frappant de retour en arrière évolutif.

Qikiqtania wakei

Il y a près de 400 millions d’années, certains poissons ont développé des pattes et la capacité de se tenir debout, donnant ainsi naissance à la lignée évolutive des animaux quadrupèdes appelés tétrapodes. Cependant, il s’avère que les os lisses des membres de Qikiqtania wakei, récemment décrit dans la revue Nature, n’auraient pu supporter les muscles nécessaires pour maintenir une telle posture. Ce qui implique que cette étrange créature soit redevenue un animal exclusivement aquatique.

« L’humérus de sa nageoire pectorale était relativement lisse et en forme de boomerang », explique Neil Shubin, chercheur à l’université de Chicago et auteur principal de la nouvelle étude. « Il avait perdu toutes les adaptations essentielles qui lui auraient permis de marcher ou même de se redresser et se tenir debout. »

Le fossile écailleux de Qikiqtania wakei avait été découvert dans l’Arctique canadien en 2004, non loin de l’endroit où avaient été mis au jour les restes de Tiktaalik roseae, créature étroitement apparentée marquant la transition évolutive du poisson vers l’amphibien.

Tom Stewart, de l’université d’État de Pennsylvanie, examinant les restes de Qikiqtania wakei — © Tom Stewart

Les scans de Qikiqtania, qui mesurait environ 75 centimètres de long, ont permis la mise en évidence de sections particulières de sa mâchoire supérieure et inférieure indiquant qu’il se nourrissait probablement en aspirant ses proies, comme le faisait Tiktaalik. Toutefois, la présence de crocs et des dents semblables à des couteaux suggère que l’animal pouvait également mordre.

Une créature aquatique hautement spécialisée

Des différences notables avec le corps de ses ancêtres aquatiques plus primitifs (incluant des nageoires ressemblant à des raquettes de ping-pong) indiquent cependant une « super-spécialisation » lui ayant notamment permis d’évoluer beaucoup plus efficacement en eau libre.

Selon Shubin, ces découvertes soulignent le fait que l’évolution est loin d’être un processus simple et linéaire. « Il s’agit d’un exemple frappant de retour en arrière, s’étant en même temps traduit par des adaptations spectaculaires. »

Ces conclusions font écho aux analyses menées l’an passé par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, ayant révélé que certains des premiers amphibiens terrestres étaient ensuite redevenus des espèces aquatiques.

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