Représentation artistique de Tupandactylus navigans — © Victor Beccari / CC BY

Des chercheurs brésiliens ont récemment analysé les restes fossiles extrêmement bien conservés d’un étrange reptile volant. Dotée d’un crâne particulièrement volumineux, la créature préhistorique employait une technique similaire à celle des paons pour débusquer sa nourriture.

Un squelette quasi complet

En 2013, un raid de la police brésilienne dans un entrepôt du port de Santos, à São Paulo, avait conduit à la découverte de milliers de fossiles. De récentes analyses de l’une des nombreuses dalles de calcaire saisies ont permis la mise en évidence des restes les plus complets jamais observés d’une espèce excentrique de ptérosaure du début du Crétacé. Décrit dans la revue PLOS ONE, le squelette quasi complet permet de combler nos lacunes concernant cet insaisissable reptile volant.

Bien que de nombreux restes fossilisés de tapéjaridés aient été découverts au Brésil au fil des décennies, il s’agissait en grande majorité de crânes. Appartenant à l’espèce Tupandactylus navigans, connue pour ses crêtes colorées et élaborées, le nouveau spécimen provenant de la formation de Crato, dans le nord-est du Brésil, inclut même des restes de tissus mous.

Les scanners réalisés par Victor Beccari et ses collègues de l’université de São Paulo ont permis d’obtenir un modèle 3D particulièrement précis du ptérosaure (dont les restes étaient en grande partie masqués par les sédiments), révélant des détails étonnants au sujet de cet obscur sous-groupe de ptérosaures.

La dalle de calcaire renfermant le spécimen particulièrement bien conservé de T. navigans (à gauche), le scan réalisé (au centre) et la reconstruction du squelette du ptérosaure (à droite) — © Victor Beccari / CC BY

Il s’est notamment avéré que ceux-ci possédaient un cou extrêmement long (représentant plus de 50 % de la longueur de leur squelette axial), ainsi que des membres étrangement proportionnés. En raison de leur imposante crête crânienne, pouvant atteindre plus de 40 cm de haut, Beccari et ses collègues pensent que ces animaux auraient eu des difficultés à voler sur de longues distances. Ce qui suggère que T. navigans avait vraisemblablement un mode de recherche de nourriture semblable à celui des paons, avec des adaptations nécessaires au vol propulsé conservées lui ayant probablement permis d’échapper aux prédateurs.

Approfondir l’écomorphologie de ces créatures

Les analyses suggèrent également que T. navigans et un autre ptérosaure brésilien, Tupandactylus imperator, pourraient représenter une seule et même espèce. « Pour l’instant, nous ne pouvons pas en être certains, mais de nouveaux fossiles incluant le post-crâne de T. imperator pourraient permettre de répondre à cette question », a estimé Beccari.

À l’avenir, les auteurs de l’étude prévoient d’approfondir l’écomorphologie de ces tapéjaridés, notamment ce qu’ils mangeaient et comment ils vivaient, en utilisant les données 3D récemment amassées dans des études biomécaniques afin de mieux cerner les contraintes exercées sur les os de leur crâne et de déterminer leur force de morsure.

Courant août, des chercheurs de l’université du Queensland avaient de leur côté décrit le plus grand reptile volant d’Australie.

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