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Réchauffement climatique : la fonte subite des glaciers du « toit du monde » inquiète

Un taux record a été enregistré en Asie centrale en 2025

— © NASA Johnson / Flickr

Alors qu’ils semblaient jusqu’à présent défier la tendance mondiale, les glaciers des montagnes du Pamir, en Asie centrale, ont connu une fonte massive l’année dernière, illustration de l’intensification récente du réchauffement climatique.

Derniers géants

Quand leurs homologues du reste du globe reculaient dangereusement, les glaciers de l’ouest du Kunlun, du Karakoram (abritant le second plus haut sommet au monde) et de l’est du Pamir sont restés largement stables, voire ont même sensiblement progressé entre les années 1970 et le début du XXIe siècle.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Advances in Climate Change Research, une équipe de l’Académie chinoise des sciences s’est penchée sur l’évolution récente du glacier de Kangxiwa, long de 3 kilomètres et situé dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Alors que cette masse glaciaire, culminant à 5 350 mètres d’altitude, n’avait connu que de légères fluctuations avant 2022, les chercheurs ont mis en évidence une intensification significative de son rythme de fonte. En 2025, une perte annuelle record de glace, correspondant à une épaisseur moyenne d’1,5 mètre à l’échelle du glacier, a été enregistrée. Selon l’équipe, ce chiffre se révèle quatre fois plus élevé que la moyenne 2011-2024.

Sans surprise, le taux de fonte sans précédent documenté à Kangxiwa, ainsi que d’autres glaciers de la partie orientale du Pamir, résulte d’une année exceptionnellement chaude. « Contrairement aux précédentes, où nous observions une concentration des températures extrêmes sur un seul mois, elles ont persisté durant toute la saison de fonte 2025 », note l’équipe.

Implications

Indiquant que les masses de glace géantes du Pamir et du Karakoram ne font plus figure d’exceptions, ces nouvelles données font également craindre aux auteurs de la nouvelle étude une intensification de leur fonte.

Selon Shaun Eaves, de l’université Victoria de Wellington, si ces résultats s’inscrivent clairement dans la tendance mondiale, il est encore trop tôt pour établir son caractère irréversible pour cette région précise.

« Les premières mesures précises de la masse glaciaire de Kangxiwa remontent à 2011, celles réalisées au cours des années à venir seront essentielles pour préciser cette trajectoire », conclut-il.

Plus tôt cette année, des chercheurs suisses avaient précisé le sort des 211 000 glaciers terrestres.

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