La mer monte à cause du réchauffement climatique. En effet, l’ajout d’eau douce due à la fonte des glaces et le réchauffement des océans entraînent un ajout de volume et de masse d’eau. Seulement, il ne s’agit pas des seuls paramètres à prendre en compte pour calculer l’augmentation du niveau des océans. En effet, une nouvelle étude révèle que l’augmentation de la masse de l’eau entraîne l’affaissement des planchers océaniques, ce qui est à prendre en compte.

Une hausse du niveau des océans due à plusieurs facteurs

Le niveau moyen de l’océan dans le monde a augmenté d’environ 21 à 24 centimètres depuis 1880, ce qui menace de faire disparaître certaines îles et certains pans de territoires. Quels sont les facteurs qui ont entraîné cette augmentation ? Jusque dans les années 2000, la hausse des températures entraîne une augmentation du volume d’eau mais sans modifier sa masse : c’est ce qu’on appelle l’expansion thermique. Or, depuis ces dernières années, la Terre doit faire face à la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique qui, contrairement à l’expansion thermique, accroît la masse d’eau. Cela a pour conséquence de faire peser un poids plus lourd sur le fond océanique.

L’augmentation de la masse des océans aboutit à une déformation du fond océanique, qui s’enfonce et s’agrandit. On nomme ce phénomène, déjà présent il y a 20 000 ans lors de la dernière déglaciation, le rebond polyglaciaire ou GIA. Il a pour but d’atténuer la hausse des océans, puisqu’il y a davantage de place pour contenir toute l’eau des océans. Cependant, c’était un paramètre qui n’était pas pris en compte dans les études et calculs puisque trop dérisoire face à l’amplitude de l’élévation de l’océan. Or, une nouvelle étude parue dans Geophysical Research Letters explique que ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Voici l’évolution de la quantité relative de glace de différents âges entre 1990 et début novembre 2016. La glace saisonnière est d’un bleu très foncé. La glace âgée de 9 ans ou plus est blanche. Toute cette glace fondue s’en va remplir les océans et augmenter leur masse.

Essayer d’avoir des prévisions les plus précises possibles

Les chercheurs ont ainsi calculé que le poids supplémentaire de l’eau avait entraîné un affaissement du plancher océanique qui s’est traduit par une baisse du niveau de la mer de 0,11 millimètre par an pour la période 2005-2015. Cela ne permet cependant pas de compenser l’élévation totale, puisque, selon climate.gov, le niveau moyen mondial de l’eau dans l’océan a augmenté de 3,6 millimètres par an de 2006 à 2015. Dans certains bassins océaniques, l’élévation du niveau de la mer a atteint jusqu’à 15 à 20 centimètres.

Il faut savoir qu’il y a une certaine incertitude dans les calculs visant à déterminer la hausse du niveau de la mer puisque cela dépend de nombreux facteurs, tels que l’ampleur du réchauffement atmosphérique, la vitesse de fonte des glaciers et de la banquise, la modification des courants océaniques, la tectonique des plaques, la libération dans la mer des eaux continentales, le dépôt de sédiments ou encore l’évaporation. De plus, des différences régionales existent en raison de la variabilité naturelle de la force des vents et des courants océaniques, qui influencent la quantité et l’endroit où les couches profondes de l’océan stockent la chaleur.

Même si l’affaissement de l’océan n’aura pas un impact significatif sur le niveau des océans, Bramha Dutt Vishwakarma, chercheur à l’université de Bristol et principal auteur de l’étude, appelle à inclure la GIA dans les équations pour calculer les futures élévations du niveau des océans, afin que ces derniers soient le plus précis possible. 

Dans certaines régions, le niveau des océans est monté de 15 à 20 cm entre 1993 et 2018. Les pastilles de couleur renvoient aux régions où cette hausse est amplifiée ou atténuée par des phénomènes géologiques. © NOAA Climate.gov

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Fournier Jean-Marc

Il est encore temps (toujours temps) de récupérer ces eaux de fonte par pompage et épandage dans les zones désertiques de la ceinture équatoriale et limitrophe (Afrique, Australie, Amérique sud…) Nos techniques permettent de pomper du pétrole dans les fonds marins et à de grandes profondeurs et nous serions incapables… Lire la suite »