
Au cours des dernières décennies, des découvertes fossiles nous ont offert un aperçu sans précédent de la morphologie et de la croissance osseuse des Néandertaliens. Récemment, l’étude des restes d’un individu à naître a éclairé leur développement fœtal.
Des similitudes inattendues
Mis au jour dans la grotte allemande de Sesselfelsgrotte, ces 12 fragments osseux vieux de 50 000 à 60 000 ans ont été analysés grâce à une technologie d’imagerie connue sous le nom de microtomographie. La comparaison des scans à ceux de squelettes de bébés néandertaliens trouvés en France et d’humains modernes a révélé de plus étroites similitudes avec des prématurés de la Grande-Bretagne romaine, âgés de 30 à 36 semaines au moment de leur mort.
« La microanatomie osseuse des fragments de fémur, d’humérus, de cubitus, de péroné, de trois côtes, ainsi que de la mandibule, d’une vertèbre et de l’os frontal de Sesselfelsgrotte 1 indique une structure tissulaire squelettique correspondant largement à celle du troisième et dernier trimestre de grossesse chez H. sapiens », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Royal Society Open Science.
S’il est évidemment compliqué de tirer des conclusions générales à partir d’un seul squelette incomplet, de telles découvertes suggèrent que la courbe de croissance de l’individu de Sesselfelsgrotte, mort autour du huitième mois de grossesse, était proche de celle des fœtus d’Homo sapiens.
Un constat intrigant à la lumière de récentes recherches, ayant montré qu’un bébé néandertalien âgé de cinq mois et demi présentait un développement osseux comparable à celui d’un humain de 14 mois. Selon les chercheurs, ce « boom » post-natal pourrait avoir constitué une adaptation aux conditions environnementales glaciales auxquelles étaient exposées les populations néandertaliennes d’Eurasie.

Maladie osseuse métabolique
L’examen de la structure des dents de deux très jeunes néandertaliens mises au jour à Sesselfelsgrotte suggère également une importante carence en vitamine D.
« L’observation d’une dentine interglobulaire, résultant d’une mauvaise minéralisation et souvent observée chez les enfants souffrant de rachitisme, constitue la preuve la plus ancienne d’une maladie osseuse métabolique chez un humain non anatomiquement moderne », conclut l’équipe.
Il y a quelques années, des chercheurs avaient identifié le premier cas d’arthrose de la main chez Néandertal.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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