À Barcelone, le tombeau d’Elisenda de Montcada parle enfin. Les archéologues ont minutieusement analysé ses ossements médiévaux conservés au monastère de Pedralbes. Dès lors, cette grande enquête historique éclaire le destin singulier d’une reine d’Aragon très engagée.

Une caisse en bois médiévale et des ossements confirment la présence de la souveraine au monastère de Pedralbes
Les chercheurs ont découvert une caisse de bois médiévale dissimulée derrière le monument funéraire. Ce coffre abritait les restes d’une femme d’environ soixante-dix ans. De plus, les premières observations confirment des traces physiques d’un vieillissement avancé chez la défunte.
Cet âge correspond parfaitement à l’histoire d’Elisenda de Montcada, née vers 1292 et décédée en 1364. L’annonce officielle a eu lieu en mai 2026 à Barcelone. En effet, les célébrations des sept cents ans concernent la fondation de Pedralbes en 1326.
Les spécialistes ont lancé leurs travaux dès la fin de l’année 2024. Ce vaste chantier restaure les sépultures les plus anciennes. Ainsi, les archéologues obtiennent de nouvelles données matérielles sur les dernières années de la reine.
Protectrice politique de sa communauté la reine a soutenu le couvent catalan sans prononcer de vœux monastiques
Issue d’un puissant lignage catalan, Elisenda a épousé Jacques II d’Aragon en 1322. La souveraine exerçait une influence politique notable à la cour médiévale. Par exemple, elle a défendu activement les droits du futur roi Pierre IV face aux rivalités familiales.
Après le décès de son époux en 1327, la reine a emménagé dans un palais mitoyen. Pourtant, la veuve n’a jamais prononcé de vœux religieux formels. Elle a habilement garanti l’autonomie du monastère grâce au soutien civique du Conseil des Cent en 1357.
L’architecture funéraire dédoublée abrite des fragments de soie dorée et des offrandes végétales de myrte
Le monument funéraire reflète cette double existence avec deux effigies sculptées distinctes. Côté église, Elisenda arbore tous les attributs de la royauté. En revanche, le côté cloître montre une veuve pénitente vêtue d’un habit très sobre.
L’exploration interne a profondément modifié les théories architecturales des chercheurs. Ces spécialistes n’ont pas trouvé un sarcophage unique traversant le mur de séparation. Au contraire, les ouvriers médiévaux ont aménagé deux espaces distincts séparés par une solide cloison maçonnée.
La tombe contenait un habit austère semblable à une tenue de clarisse. Mais les archéologues ont également repéré un fragment de soie dorée. Enfin, des restes séchés de myrte et de romarin illustrent les rituels funéraires de l’époque.
Les analyses génétiques et l’endoscopie moderne étudient vingt-cinq défunts pour confirmer l’identité royale
L’équipe réunie par Anna Castellano-Tresserra privilégie une exploration endoscopique directe avant toute ouverture de sépulture. Cette démarche prudente concerne huit monuments anciens du monastère. Dès lors, les anthropologues recensent vingt-cinq corps réunis lors de réutilisations médiévales successives.
Des biologistes extraient désormais l’ADN des ossements pour établir le profil génétique de la reine. Or, ce séquençage préliminaire n’atteint que six pour cent du génome. L’équipe publiera des résultats complets en 2027 afin de confirmer ces liens de parenté.