Cliché montrant la structure complexe de la fleur — © George Poinar Jr / OSU

Des chercheurs américains ont récemment découvert une nouvelle espèce de fleur remontant au Crétacé. Piégé dans un morceau d’ambre birman, ce spécimen offre un meilleur aperçu de la géologie terrestre à cette époque.

« Sa structure complexe se révèle incroyablement bien préservée »

Dans le cadre de travaux présentés dans le Journal of the Botanical Research Institute of Texas, une équipe de chercheurs de l’université d’État de l’Oregon (OSU) a découvert une nouvelle espèce végétale, emprisonnée dans l’ambre birman. Baptisé Valviloculus pleristaminis, le minuscule spécimen mâle découvert (2 millimètres de diamètre) possède une cinquantaine d’étamines disposées en spirale, avec des anthères pointant vers le ciel.

« Ce n’est pas vraiment une fleur de Noël, mais c’est une beauté, surtout si l’on considère qu’elle faisait partie d’une forêt qui existait il y a 100 millions d’années », estime George Poinar Jr, professeur émérite de l’OSU College of Science et auteur principal de l’étude. « En dépit de sa taille réduite, sa structure complexe se révèle incroyablement bien préservée. Notre spécimen faisait probablement partie d’une grappe sur la plante qui contenait de nombreuses fleurs similaires, dont une partie étaient possiblement femelles. »

Le spécimen possède une coupe florale creuse en forme d’œuf, avec une couche externe constituée de structures en forme de pétales appelées tépales et des anthères à deux chambres, renfermant des sacs polliniques s’ouvrant grâce à des valves articulées latéralement. Selon les chercheurs, le nom choisi reflète la structure de la fleur : « valva » est le mot latin désignant la partie mobile d’une porte, « loculus » signifie compartiment, tandis que les termes « plerus » et « staminis » renvoient aux nombreux organes sexuels mâles de la fleur.

Valviloculus pleristaminis — © George Poinar Jr / OSU

Un meilleur aperçu de la géologie terrestre au Crétacé

Trouvée dans l’ouest de la Birmanie, où avaient été découverts les plus vieux spermatozoïdes fossilisés connus en septembre dernier, Valviloculus pleristaminis poussait sur une plaque continentale faisant partie du supercontinent du Gondwana lorsqu’elle a été piégée dans l’ambre.

La plante appartient à la famille des angiospermes, un groupe de plantes vasculaires pourvues de tiges, de racines et de feuilles avec des œufs fécondés et se développant à l’intérieur de la fleur. Les angiospermes n’ayant évolué et ne s’étant diversifiés qu’il y a environ 100 millions d’années environ, ces nouvelles recherches suggèrent que le détachement du bloc de la Birmanie occidentale du supercontinent, que l’on pensait auparavant être intervenu il y a entre 200 et 500 millions d’années, aurait été beaucoup plus tardif.

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