2,1 milliards de personnes n’ont pas l’eau potable : ce filtre révolutionnaire va leur sauver la vie

Une équipe de chercheurs australiens semble avoir trouvé un remède à la crise de l’eau qui frappe actuellement plusieurs dizaines de pays du globe. Les scientifiques de la CSIRO ont élaboré un filtre à eau révolutionnaire qui retient 100 % du sel et des produits d’entretiens domestiques, le tout en un seul passage ! Un tour de force qui pourrait signer la fin de toute pénurie d’eau potable dans le monde. 

 

Un espoir planétaire

L’Organisation des Nations Unies estime que près de 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable; plus d’un quart de la population mondiale. C’est en partant de ce postulat que les chercheurs de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ont eu l’idée d’un filtre à eau capable de rendre potable n’importe quelle eau, aussi bien tirée du Gange que de l’Océan Indien.

« Des millions de personnes – essentiellement des enfants – meurent chaque année de maladies qui découlent d’un manque d’approvisionnement en eau, d’un mauvais assainissement et de problèmes liés à l’hygiène. »

 

Dong Han Seo, directeur du projet

Le problème récurrent lié à la filtration d’eau, c’est son mécanisme coûteux et complexe. Le processus classique nécessite plusieurs étapes particulièrement lourdes et longues, parmi lesquelles le tamisage, la clarification et la désinfection. C’est en partant de ce postulat que les chercheurs du CSIRO ont eu l’idée d’un filtre à eau rapide, peu cher, et d’une efficacité à toute épreuve. Et ils y sont parvenus…

 

Du graphène au graphair

Les scientifiques du CSIRO se sont très vite penchés sur les propriétés du graphène. Ce matériau ultra-résistant à base de carbone présente la particularité d’être hydrophobe : il repousse l’eau. Mais ce super-matériau présente un énorme défaut : son coût de fabrication. Puisqu’il est excessivement cher à produire, à tel point que son utilisation reste très limitée, les chercheurs ont créé leur propre matériau directement tiré du graphène : le graphair.

« Nous avons trouvé dans le graphair un filtre idéal pour purifier l’eau. Il peut remplacer les étapes longues et complexes du processus actuel par un seul passage »

 

Dong Han Seo, directeur du projet

Le graphair est une forme dérivée du graphène élaborée à partir d’huile de soja. Bien plus économique et facile à fabriquer que le graphène traditionnel, il conserve lui aussi la particularité d’être hydrophobe. Pour le changer en filtre, les scientifiques du CSIRO ont développé un film en graphène avec des nanocanaux microscopiques. Ces derniers laissent passer l’eau tout en bloquant le passage aux polluants les plus gros, grâce à des molécules tout aussi grosses. Une fois ce film amélioré en main, l’équipe l’a superposé sur une membrane de filtration d’eau achetée dans le commerce : les tests pouvaient commencer.

 

Un résultat clair et limpide 

C’est à Sydney Harbour que s’est joué le sort du graphair. L’équipe a dans un premier temps utilisé la membrane qui sert de filtre sans le film de graphair : elle s’est très vite recouverte de déchets, bloquant les pores qui permettent normalement à l’eau de s’écouler. Ils ont ensuite rajouté le film sur cette même membrane et le résultat fut saisissant : la combinaison des deux permettait de filtrer 99 % de l’eau plus rapidement que n’importe quel filtre à eau du marché, le tout sans jamais cesser de fonctionner malgré l’accumulation des déchets !

« Cette technologie peut créer une eau propre en une seule étape, peu importe son degré de pollution. Nous avons seulement besoin : de la chaleur, de notre graphène, d’une membrane à filtre, et une petite pompe à eau. »

 

Dong Han Seo, directeur du projet

Un résultat similaire à celui déjà obtenu en 2017, lorsque les minuscules pores de leur filtre en graphène étaient parvenus à stopper le passage du sel contenu dans de l’eau de mer. Optimiste et confiant, le directeur du projet Dong Han Seo confie : « Nous espérons pouvoir conduire des tests sur le terrain d’ici l’année prochaine dans la communauté d’un pays en développement. »


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