Les participations et les victoires des femmes trans dans les compétitions sportives fait l’objet de débats. En effet, certains pensent que les femmes trans ont un avantage physique sur leurs concurrentes, mais que dit la science à ce sujet ?

Des participations contestées

La participation des femmes transgenres à des compétitions sportives questionne. Certains pensent que leur participation rend la compétition injuste car elles auraient un avantage physique sur leurs concurrentes. Le débat a été une nouvelle fois relancé en mars dernier, après la victoire de Lia Thomas, une femme transgenre de 23 ans, lors d’une compétition de natation. Elle est devenue la première athlète transgenre à gagner un titre universitaire.

Mais que dit la loi sur la place des femmes trans dans les compétitions sportives ? Cela peut varier en fonction du sport pratiqué et des pays. Certains pays évaluent le niveau maximum de testostérone présent dans le sang, tandis que d’autres pays interdisent totalement aux femmes trans de participer aux compétitions. La nageuse Lia Thomas a bien suivi un traitement de suppression de testostérone pendant un an comme l’exige le règlement aux États-Unis mais malgré cela, ses victoires sont contestées. « Les personnes trans ne font pas leur transition pour le sport. On fait notre transition pour être heureux·ses et authentiques et devenir qui nous sommes vraiment. Les femmes trans ne menacent pas les sports féminins », a-t-elle déclaré.

Lia Thomas mise à l’écart par ses concurrentes.

Pour rappel, la participation de Laurel Hubbard aux Jeux olympiques de 2021 a également été controversée. Elle est devenue la première athlète trans à participer aux Jeux olympiques. L’haltérophile néo-zélandaise avait également été accusée d’être physiquement avantagée. Pourtant, Eric Arassus, le président de la Fédération sportive gaie et lesbienne, a indiqué : « L’athlète néo-zélandaise a été éliminée rapidement, ce qui montre qu’elle n’a pas de meilleurs résultats que ses concurrentes. »

Les études menées jusqu’à maintenant

Une femme trans est une personne qui a eu recours à la science pour apporter des modifications à son corps. Ces modifications ont changé beaucoup d’aspects sur son physique. La première étape de cette modification concerne l’injection ou la prise d’hormones. Ces dernières favorisent la réduction des hormones masculines comme la testostérone. En prenant ces hormones, une femme trans est non seulement sujette à des modifications sur la distribution de graisses de son corps, mais aussi une diminution des globules rouges. Ainsi, les muscles, la force et la masse corporelle du corps diminuent.

Pour l’instant, il existe très peu d’études sur les athlètes trans. La plupart des études menées jusqu’à présent impliquent les différences entre des athlètes cisgenres ou alors sur des personnes trans qui ne sont pas des athlètes. Le métabolisme d’une personne trans qui suit un traitement est différent de celui d’une personne cisgenre. Ces études ne peuvent donc pas apporter des éléments de réponse au débat sur la place des femmes trans dans les évènements sportifs.

« Il n’y a presque pas d’études qui portent sur les capacités physiques des sportives transgenres, surtout sur les effets du traitement hormonal. J’ai été la première », affirme Joanna Harper, doctorante à l’université de Loughborough et coureuse de fond. Assignée homme à la naissance, elle a remarqué un changement au niveau de ses performances après sa transition. « Neuf mois après avoir commencé mon traitement hormonal, je courais 12 % moins vite. C’est la différence généralement observée entre les hommes et les femmes cisgenres. »

Joanna Harper a ensuite mené une étude pour avoir des éléments de réponse. Pendant sept ans, elle a noté les temps de course de sept femmes trans athlètes. Selon une étude qu’elle a publiée en 2015, pratiquement toutes les athlètes couraient moins vite après leur transition.

L’avantage des femmes trans dans les compétitions sportives est-il avéré ?

Le Comité olympique (CIO) s’est également penché sur la question dès 2003. Les règles imposaient aux femmes trans que des changements anatomiques soient réalisés, un changement de sexe à l’état civil et que les traitements hormonaux soient vérifiés. Ces règles ont ensuite changé en novembre 2015 avant le début des Jeux olympiques de Rio. Les femmes trans devaient passer des tests pour prouver que leur taux de testostérone ne dépassait pas 10 nmol/L de sang, un an avant la date de la compétition. Ces règles avaient créé une polémique avec les athlètes souffrant d’hyperandrogénie comme la coureuse sud-africaine Caster Semenya. On lui a demandé de réduire ses niveaux de testostérone pourtant naturels.

compétition natation
— BrunoRosa / Shutterstock.com

Mais la testostérone a-t-elle vraiment un impact sur la performance physique ? Pour l’instant, aucune étude ne le prouve. « De nombreuses données montrent que la testostérone à un niveau élevé améliorerait les performances, qu’elle pourrait avoir un impact plus durable sur le squelette et sur le système vasculaire scientifique. Mais beaucoup de ces différences apparaissent seulement lorsque la testostérone reste à un niveau élevé pendant une longue période », indique Alireza Hamidian Jahromi du Temple University Hospital de Philadelphie.

« Toute réglementation devrait être discutée en détail avec la WPATH [Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes trans], qui est un organe regroupant différents experts allant de la santé mentale à la gynécologie, afin que les choses puissent être fondées sur une base scientifique plutôt que sur des chiffres arbitraires. Davantage d’investigation est nécessaire et les instances sportives doivent tenir compte des avis des experts avant de prendre une décision. »

Et vous, que pensez-vous de la place des femmes trans dans les compétitions sportives ? Pour aller plus loin, découvrez l’histoire méconnue des personnes transgenres dans le Grand Ouest américain.

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Boby
Boby
1 mois

Leurs places ?
Ba dans une compétition entre trans, rien de plus rien de moins.