Au début du XXe siècle, une explosion au moins 700 fois plus puissante que celle de la bombe d’Hiroshima se produisait dans les lointaines contrées sibériennes. Un événement cataclysmique dont l’origine n’a jamais pu être clairement établie.
Nous sommes le 30 juin 1908. Aux alentours de 7h17, heure locale, les habitants de la région isolée du Kraï de Krasnoïarsk, en Sibérie centrale, assistent à un événement incroyable : un immense halo de lumière scintillant traversant le ciel.
Quelques secondes plus tard, ils entendent une puissante détonation, suivie de violentes ondes de choc, brisant les vitres de leurs habitations et les projetant violemment au sol.
L’explosion détruit intégralement la forêt dans un rayon de plus de 20 kilomètres, abattant près de 60 millions d’arbres. Le souffle fait des dégâts sur plus de 100 kilomètres, des incendies se déclenchent, et la déflagration est audible dans un rayon de 1 500 kilomètres.
Interrogé à ce sujet par les journaux locaux, le paysan S. B. Semenov, témoin de l’événement, explique : « Au-dessus de la route de la Toungouska, le ciel parut se déchirer en deux, et la partie surplombant la forêt apparut couverte de feu. »
« À ce moment-là, je ressentis une sensation intense de chaleur, comme si ma chemise brûlait. Je m’empressai de la retirer pour la jeter au loin lorsque j’entendis un bruit assourdissant, semblant provenir du ciel, suivi d’une explosion puissante. Je fus projeté à cinq mètres du porche et perdis connaissance quelques instants. »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’incident de la Toungouska ne fait que deux victimes humaines. Suite à l’explosion, les propriétaires de deux mines d’or de la région s’appellent et s’accusent mutuellement d’effectuer des dynamitages illégaux dans la région.
Parmi les témoignages les plus frappants (sans mauvais jeu de mot) figure également celui de Luchetkan, membre du peuple toungouse, dont les rennes paissaient paisiblement dans la zone au moment de l’explosion.
Dans un entretien, il se remémore le tragique événement : « Je retrouvais les carcasses carbonisées de quelques rennes. Les autres semblaient s’être volatilisés. Il ne restait rien des hangars. Tout était carbonisé, fondu ou en lambeaux : vêtements, outils, ustensiles de cuisine et samovars. »
Dans les années qui suivent, les scientifiques soviétiques attribuent la détonation monstrueuse de la Toungouska à la dislocation d’une météorite massive dans le ciel sibérien.
Mais près de 20 ans vont s’écouler avant qu’ils ne se rendent dans la zone. En 1927, une expédition visant à retrouver la roche spatiale, et à récupérer les métaux et les minéraux qu’elle est susceptible de contenir, est mise sur pied.

Une fois sur les lieux, ses membres découvrent stupéfaits qu’il n’y a ni cratère, ni trace d’impact, ni débris. Tout juste observent-ils un anneau, vierge de toute végétation, entouré d’arbres carbonisés toujours debout, dont les branches semblent avoir été soufflées.
En l’absence de cratère d’impact, l’hypothèse de la météorite va prendre du plomb dans l’aile, et d’autres théories vont commencer à émerger.
L’astronome britannique F. W. Whipple suggère que c’est une petite comète qui est responsable de l’explosion. À la différence des météorites, corps célestes composés de minéraux et de roches, celles-ci sont faites de glace et de poussière, ce qui expliquerait l’absence d’éclats.
Pour le scientifique, la comète a provoqué une puissante explosion en entrant à haute vitesse dans l’atmosphère, et s’est désintégrée avant d’atteindre le sol. Les traînées de glace et de poussière expliqueraient quant à elles le ciel rougeoyant observé à travers toute l’Europe dans les jours suivant l’explosion.
Parmi les autres théories avancées par les scientifiques, on retrouve celle de l’astrophysicien Wolfgang Kundt, supposant que c’est l’explosion d’une gigantesque poche souterraine renfermant 10 millions de tonnes de gaz naturel qui est à l’origine du sinistre.

Faute d’éléments solides appuyant l’un de ces scénarios, l’origine de l’explosion de la Toungouska continue d’être discutée plus d’un siècle après sa survenue.
Autre événement étrange s’étant produit au-dessus de la Russie : le phénomène de Petrozavodsk en 1977.
