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Une nouvelle étude bouscule notre vision de la chute de l’Empire romain d’Occident

« La période ayant suivi le déclin de Rome n’était pas uniquement synonyme d’effondrement et de remplacement démographique »

— © Richter / Kreisarchäologie Landshut / CC-BY

Plutôt que des conquêtes sanglantes, de nouvelles preuves indiquent des mouvements de populations plus lents et de moindre ampleur, ainsi qu’un métissage constant entre les groupes d’Europe centrale suite à la chute de l’Empire romain d’Occident, en 476 de notre ère.

Des séquençages génétiques révélateurs

Pendant longtemps, les historiens ont lié l’essor démographique post-Empire romain le long et au-delà du Limes Germanicus, qui constituait sa frontière nord-est en Europe, à l’arrivée de grands groupes germaniques s’étant rapidement approprié ces terres. Publiée dans la revue Nature, la nouvelle étude brosse un tableau différent, avec un chevauchement plutôt qu’un remplacement.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont examiné l’ADN de squelettes exhumés de différents sites funéraires antiques et médiévaux du sud de l’Allemagne, utilisés entre 400 et 700 de notre ère. Corroborés par des analyses isotopiques, révélatrices de l’origine et des déplacements d’un individu au cours de sa vie, ces séquençages ont montré des métissages récurrents entre des groupes originaires d’Europe du Nord et centrale et les populations typiques des confins de l’Empire.

Environ 150 ans après ces premiers contacts, le profil génétique des groupes vivant au sud de l’ancienne frontière présentait une forte affinité avec celui de certaines populations européennes actuelles. Selon l’équipe, ce brassage génétique indique que, même après le déclin du contrôle impérial, certaines facettes de la culture romaine tardive ont persisté, favorisant la création de liens étroits entre des groupes humains aux origines géographiques distinctes.

L’organisation des sépultures, les artefacts funéraires et les données génétiques suggèrent également des familles nucléaires (parents et enfants vivant au sein du même foyer). Ces unions monogames semblaient majoritairement impliquer des individus sans lien de parenté, et les patrimoines étaient vraisemblablement transmis aussi bien aux fils qu’aux filles.

— © Harbeck / SAM / CC-BY

Assimilation progressive

Selon les auteurs de la nouvelle étude, celle-ci s’ajoute à un corpus croissant de travaux bouleversant notre vision du haut Moyen Âge dans une bonne partie de l’Europe. Plutôt qu’une rupture démographique brutale causée par des invasions, ils indiquent une forme de continuité et de changements, avec des groupes restreints d’individus se déplaçant et s’intégrant aux communautés existantes.

« La période ayant suivi le déclin de Rome n’était pas uniquement synonyme d’effondrement et de remplacement démographique », écrivent-ils. « Dans le sud de l’Allemagne, c’est une assimilation progressive, par le biais de contacts étroits, qui est intervenue. »

L’an passé, des recherches avaient lié la chute de l’Empire romain à un mini-âge glaciaire.

Par Yann Contegat, le

Source: Heritage Daily

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