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Si le droit de l’homme est très important, celui des animaux l’est tout autant. Bien évidemment, ce n’est pas évident pour tout le monde, mais c’est pourtant le cas en Équateur. Les autorités équatoriennes ont notamment décidé d’accorder individuellement des droits légaux aux animaux sauvages.

À une époque où le monde lutte contre le changement climatique et l’exploitation illégale des animaux sauvages, l’Équateur est entré dans l’histoire en devenant le premier pays à reconnaître les droits juridiques distincts des animaux sauvages. Le jugement a été rendu par la plus haute cour du pays grâce à l’histoire tragique d’Estrellita, un singe laineux qui est décédé dans de tristes circonstances. Recueilli illégalement dans la nature peu de temps après sa naissance, Estrellita a été élevé comme animal de compagnie par la bibliothécaire Ana Beatriz Burbano Proaño et sa famille.

En 2019, la garde de l’animal a été retirée à la bibliothécaire, les autorités locales ayant fait valoir que la détention d’animaux sauvages est illégale dans le pays. Ainsi, Estrellita a été saisie puis transférée dans un zoo. Malheureusement, son séjour dans le zoo a été de courte durée puisque le singe est décédé un mois après son transfert, l’animal semblant avoir très mal supporté la séparation, a rapporté Inside Climate News. Notons qu’avant le décès de l’animal, sa famille avait déposé une plainte pour récupérer Estrellita.

Même si le singe est décédé, l’affaire a été jugée. Et avec des preuves scientifiques à l’appui – notamment en ce qui concerne la complexité cognitive et sociale des singes – le tribunal a conclu que les autorités locales, mais aussi Mme Burbano, avaient violé les droits d’Estrellita. Les autorités locales ont été jugées coupables de ne pas avoir pris en compte les besoins spécifiques du singe, et Mme Burbano a été jugée coupable de l’avoir retiré de son environnement naturel. De là est ainsi née la décision d’accorder des droits individuels aux animaux sauvages.

« La domestication et l’humanisation des animaux sauvages sont des phénomènes qui ont une grande incidence sur le maintien des écosystèmes et l’équilibre de la nature, car ils provoquent le déclin progressif des populations animales », a reconnu le tribunal dans son arrêt.

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