
Des fouilles dans l’est de la Croatie ont révélé une sépulture collective plutôt inhabituelle : des dizaines de squelettes dans un puits antique, suggérant une possible épidémie.
Charnier antique
Cette trouvaille archéologique intrigante a été réalisée à proximité d’une ancienne nécropole romaine de l’actuelle ville d’Osijek. Devenue une colonie en 133 de notre ère, sous le règne de l’empereur Hadrien, cette cité, alors nommée Mursa, faisait partie de la province de Pannonie. D’une importance stratégique notoire au cours des siècles suivants, elle accueillait d’importantes garnisons de soldats chargées de protéger les rives du Danube et la frontière orientale de l’Empire romain.
Il y a près de deux décennies, Mario Novak, de l’Institut de recherche archéologique de Zagreb, et ses collègues y avaient mis au jour deux puits remplis d’ossements humains. Les analyses ultérieures ont révélé qu’il s’agissait majoritairement de jeunes hommes, dont les restes présentaient des signes de lésions traumatiques violentes. Associées aux datations, elles suggéraient qu’ils avaient trouvé la mort au cours de la bataille de Mursa, en 260 de notre ère.
Si le nouveau puits antique rassemblait également de nombreux squelettes, l’échantillon était bien différent. Parmi les 43 défunts figuraient en effet des adultes, des adolescents et des enfants des deux sexes, dont les restes ne présentaient pas les stigmates documentés en 2008.
Archaeologists analyzed dozens of skeletons from a mass burial in a well. The lack of injuries suggests people may have died from a plague rather than a battle. https://t.co/9CUMPNaXGu
— Live Science (@LiveScience) August 13, 2026
« Cette composition est typique d’une population civile », a expliqué Novak à l’occasion de la dernière réunion de l’Association européenne de paléopathologie. « Au cours de l’Antiquité, les puits asséchés étaient fréquemment utilisés comme charniers, qu’il s’agisse de morts intervenues sur les champs de bataille ou des suites de maladies. »
La peste de Cyprien ?
À ce stade, la piste privilégiée est celle d’une épidémie ayant fait des ravages dans la région au milieu du IIIe siècle. Historiquement connue sous le nom de « peste de Cyprien », celle-ci a dans un premier temps touché les troupes romaines stationnées le long du Danube avant de se répandre dans une bonne partie de l’Empire, entraînant d’importantes vagues de décès. Il pourrait notamment s’agir de la fièvre hémorragique ou de la variole.
Parmi les affections non mortelles identifiées, l’équipe archéologique évoque des cas d’arthrose au niveau des vertèbres, et des caries dentaires. Des lésions habituellement associées à la tuberculose et le scorbut ont également été observées sur une poignée de squelettes.
« Davantage de données seront nécessaires pour mieux contextualiser cette découverte », a rappelé Novak. « Les résultats des séquençages ADN réalisés devraient notamment permettre de confirmer que les corps jetés dans ce puits étaient ceux de locaux plutôt que de légionnaires romains recrutés aux quatre coins de l’Empire. »
Plus tôt cette année, un vaste camp romain en Slovaquie avait livré les restes inattendus de soldats de Marc Aurèle.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: squelette, empire romain
Catégories: Actualités, Histoire