Tous les yeux sont désormais rivés sur Encelade, la lune de Saturne qui pourrait abriter la vie

La vie extraterrestre ne serait pas à chercher dans les exoplanète à des centaines d’années lumières de la Terre, mais bel et bien dans notre propre système solaire ! C’est en tout cas l’espoir que nourrissent de nombreux scientifiques depuis que la sonde Cassini a livré les détails de son voyage intersidéral.

 

Une lune qui abrite la vie ? 

Conçue par l’agence spatiale américaine, Cassini fut envoyée dans l’espace en 1997 afin d’étudier les anneaux et satellites de Saturne. Sa mission prit fin en septembre dernier, lorsqu’elle redescendit des cieux après 13 années passées à explorer le système saturnien. Dès son retour sur Terre, les scientifiques ont scruté, épluché, analysé l’ensemble des informations glanées au fil de ses pérégrinations spatiales, et un corps céleste a retenu leur attention : Encelade, la 6e lune de Saturne.

Ce satellite de 500 km de diamètre fascine la communauté scientifique pour une raison toute simple : il renfermerait un océan d’eau liquide caché sous une énorme couche de glace dont l’épaisseur varie entre 20 et 25 km ! Mais ce n’est pas tout : Cassini a aussi relevé la présence de geysers – des sources d’eau chaude – de sels, de grains de glace, de silice… et de molécules organiques. C’est un fait : Encelade dispose d’un environnement favorable à l’apparition de la vie.

La course à la lune

Face à ces révélations aussi inattendues qu’inespérées, la Nasa a d’ores et déjà lancé les préparatifs d’une nouvelle mission en démarrant la construction du « Selfi ». Présenté le 2 novembre 2017, le Submillimeter Enceladus Life Fundamentals Instrument – d’où la nécessité de l’acronyme – aura la lourde tâche d’analyser scrupuleusement les panaches d’eau libérés dans l’espace par la centaine de geysers découverts à la surface d’Encelade. Ce n’est qu’en étudiant leur composition chimique que le « Selfi » pourra nous dire avec certitude si le 6e satellite de Saturne abrite la vie.

« Des missions futures capables d’analyser les molécules organiques émises dans les jets d’Encelade avec une précision plus grande que celle atteinte par la mission Cassini, pourraient nous permettre de conclure si de telles sources hydrothermales ont permis l’émergence de la vie. »

 

Nicolas Altobelli, scientifique  sur la missions Cassini

La Nasa n’est pas la seule à s’intéresser à Encelade, plusieurs entreprises privées sont elles aussi intriguées par ce qu’elle pourrait receler, quitte à financier une opération de leurs propres deniers en marge de celle de l’agence spatiale américaine. C’est en tout cas le souhait exprimé par Iouri Milner lors du forum « A New Space Age » organisé par The Economist à Seattle le 9 novembre dernier. Le milliardaire russe y fustigeait la lenteur des opérations – estimant le lancement aux alentours de 2027 – et le montant exorbitant de la note finale; c’est donc tout naturellement qu’il entrevoyait la possibilité de monter une expédition privée afin de percer au plus vite le mystère d’Encelade.

Des geysers par – 200°C

Une étude du Laboratoire de planétologie et géodynamique de Nantes a tenté de répondre à la grande problématique posée par Encelade : comment ce satellite peut-il regorger de geysers actifs alors que la température à sa surface est de – 200° C ? D’après les chercheurs français, la réponse résiderait dans les entrailles de la lune, plus précisément dans son noyau. Selon leurs calculs et leurs estimations numériques, son noyau présenterait une structure poreuse contenant 20 à 30 % d’espace vides. L’eau liquide emprisonnée sous l’épaisse couche de glace plongerait dans le noyau et se réchaufferait petit à petit en circulant via les grains de roche.

« L’eau réchauffée finit par remonter quand elle devient plus chaude que les régions environnantes. Ce phénomène transfère la chaleur produite en profondeur vers la base de l’océan, sous la forme d’étroits courants chauds ascendants. En débouchant sur l’océan froid, ces courants créent des points chauds sur le plancher océanique. »

 

Communiqué de l’INSU

La déformation du noyau et les sources hydrothermales – qui peuvent produire jusqu’à 30 GW de chaleur – expliquent en partie l’origine de cet océan d’eau liquide qui résulterait du transport de chaleur qui prend sa source depuis l’intérieur profond du noyau jusqu’à la couche de glace de plusieurs kilomètres d’épaisseur. Un phénomène d’autant plus intriguant qu’il est parti pour durer des dizaines de millions d’années – voire des milliards – selon les chercheurs. Il reste à la 6e lune de Saturne encore de nombreuses années devant elle pour se décider si oui ou non elle est prête à engendrer à la vie.


Le cheval dort aussi bien debout que couché

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