Une équipe de scientifiques de l’université de Tel-Aviv est parvenue à générer une tension électrique en utilisant uniquement de l’eau et du métal, ce qui laisse entrevoir la possibilité de pouvoir un jour charger des batteries grâce à l’humidité de l’air.

Au moins 60 % d’humidité

« Nous avons cherché à tirer parti d’un phénomène naturel : l’électricité générée à partir de l’eau », explique le professeur Colin Price, auteur principal de cette nouvelle étude parue dans la revue Scientific Reports. « Dans le cas des nuages orageux, cette électricité est uniquement produite par l’eau dans ses différentes phases – vapeur d’eau, gouttelettes d’eau et glace. En l’espace de vingt minutes, nous passons des gouttelettes d’eau à d’énormes décharges électriques, autrement dit la foudre, pouvant atteindre une longueur d’environ 800 mètres. »

Price et ses collègues ont cherché à exploiter le potentiel des gouttelettes d’eau, mis en avant par de précédents travaux ayant montré que celles-ci étaient capables de charger des surfaces métalliques via les forces de friction. Dans le même ordre d’idées, d’autres recherches avaient révélé que certains types de métaux généraient une charge électrique en réponse à l’humidité de l’air.

Les expériences réalisées par l’équipe visaient à établir comment une tension électrique pouvait être générée entre deux métaux, dont l’un étant mis à la terre, lorsqu’ils sont soumis à des niveaux d’humidité élevés. Lorsque l’air était sec, rien ne se passait. Mais lorsque le taux d’humidité dépassait 60 %, une tension électrique commençait à se développer, avant de disparaître à nouveau lorsque le taux d’humidité baissait. Ces résultats ont ensuite été confirmés lors d’expériences menées à l’extérieur, en conditions réelles.

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Une source d’énergie renouvelable prometteuse

« Dans le cadre de nos expériences menées en laboratoire, nous avons découvert que différentes surfaces métalliques isolées accumulaient des quantités différentes de charge électrique à partir de la vapeur d’eau dans l’atmosphère, mais seulement si l’humidité relative de l’air est supérieure à 60 % », souligne Price. « Ce qui se produit quasiment tous les jours en Israël durant la période estivale, et de façon quotidienne dans la plupart des pays tropicaux. »

Selon les chercheurs, les expériences réalisées ont montré que l’air humide pouvait être exploité pour charger les surfaces métalliques à environ un volt, ce qui, selon eux, n’est pas si éloigné d’une utilisation pratique.

« La tension d’une pile AA étant de 1,5V, il pourrait être envisageable dans un futur proche de développer des piles pouvant être chargées uniquement à partir de la vapeur d’eau présente dans l’air », avance Price. « Exploiter cette source d’énergie renouvelable aurait des implications importantes pour les pays en développement, où de nombreuses communautés n’ont toujours pas accès à l’électricité, mais où le taux d’humidité flirte constamment avec les 60 %. »

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