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Climat : cet El Niño est si extrême qu’il modifie la couleur des océans

Un véritable effet domino

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— Ole Dor / Shutterstock.com

Les dernières images satellite de la NASA révèlent qu’un vaste pan des eaux de surface de l’océan Pacifique a radicalement changé de teinte au cours des derniers mois, avec des implications mondiales.

Un déclin spectaculaire du phytoplancton

S’il existe des milliers d’espèces de phytoplancton, dans le Pacifique équatorial, ce sont habituellement des organismes photosynthétiques riches en chlorophylle qui dominent. Préférant les eaux plus fraîches, ces populations ont été fortement touchées par le dernier El Niño, caractérisé par une hausse des températures de surface qui limite la remontée d’eaux riches en nutriments des profondeurs.

La récente analyse des données de l’Ocean Color Instrument, embarqué par le satellite PACE, a révélé un déclin massif du phytoplancton dans cette partie du globe depuis le début de l’année. Alors que jusqu’à fin 2025, une large bande verdâtre s’étendait de l’Amérique du Sud à l’Asie du Sud-Est, quelques mois plus tard, elle s’était largement affinée, avec une disparition quasi-complète de sa section occidentale.

Pouvant sembler au premier abord anodin, ce changement de teinte a d’importantes répercussions sur les écosystèmes marins. Le phytoplancton représente en effet une source de nutriments essentielle pour le krill, le zooplancton et les crustacés filtreurs, qui figurent eux-mêmes au menu d’animaux bien plus grands, constituant des maillons essentiels de la chaîne alimentaire océanique.

Associée au réchauffement global des océans, la mortalité massive de ces micro-organismes favorise le déplacement de nombreuses espèces de poissons très consommées à des latitudes plus fraîches. Ce qui se traduit par des prises réduites de thon ou d’anchois par les chalutiers asiatiques et sud-américains, et une flambée des prix à l’échelle mondiale.

La « bande de chlorophylle du Pacifique » en juin 2025 et 2026 (à droite) — © NASA Earth Observatory / Michala Garrison

Des effets qui ne se limitent pas aux océans

Il s’avère qu’El Niño influence également les régimes météorologiques, entraînant notamment de graves sécheresses dans certaines régions du globe et des précipitations abondantes dans d’autres.

Selon les dernières données, cet épisode pourrait devenir le plus intense jamais observé, avec des températures de surface dans le Pacifique tropical atteignant déjà des niveaux records. Son ampleur le rapproche de celui de 1997-1998, associé à 23 000 décès et à des pertes économiques estimées à 5 700 milliards de dollars.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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