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Changement climatique : déjà fragilisée, l’Amazonie en route vers une sécheresse historique

Elle est liée à un El Niño intense

— PARALAXIS / Shutterstock.com

Le développement d’un El Niño d’une ampleur sans précédent dans l’océan Pacifique fait craindre une sécheresse et des feux de forêt dévastateurs en Amazonie, déjà proche d’un point de basculement climatique.

Proche de la rupture

Le phénomène El Niño se caractérise par des températures océaniques de surface anormalement élevées dans le Pacifique tropical, liées à l’affaiblissement des vents le long de l’équateur. De telles anomalies bouleversent les régimes météorologiques mondiaux, avec notamment des conditions plus sèches le long de la côte est sud-américaine.

Les derniers relevés suggèrent que l’épisode actuellement en cours devrait être le plus intense de l’histoire moderne, avec des conséquences dramatiques pour la région amazonienne.

Souvent présentées comme le poumon de la planète, ses forêts jouent un rôle essentiel dans la séquestration du dioxyde de carbone et abritent également une biodiversité unique. Sous l’effet du changement climatique, elle a connu de graves sécheresses au cours de la dernière décennie. Selon l’université d’Oxford, entre 2015 et 2016, les gigantesques incendies liés à un El Niño exceptionnel avaient détruit 2,5 milliards de végétaux, et entraîné l’émission de 495 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Comme le rappelle Tim Li, de l’université d’Hawaï, ces vagues répétées et de plus en plus sévères rapprochent inexorablement la région d’un point de basculement climatique, qui verra ses écosystèmes tropicaux luxuriants s’effondrer pour laisser place à des environnements de type savane.

Cercle vicieux

Depuis juin, le volume des précipitations sur l’Amazonie se révèle anormalement faible, quand bien même la phase El Niño n’en était encore qu’à ses débuts. « L’anomalie pluviométrique pour l’été 2026 est déjà bien plus marquée que lors de tous les autres épisodes de grande ampleur », note Li.

Les dernières projections indiquent que cette anomalie extrême de précipitations va continuer à s’intensifier d’ici janvier, parallèlement à la hausse des températures atmosphériques.

« Les températures de l’air sont déjà bien supérieures à la normale en Amazonie, ce qui, combiné à la sécheresse, crée un cercle vicieux », détaille Li. « Une forte baisse des précipitations entraîne celle des niveaux d’humidité et d’évaporation, qui font grimper le mercure. »

Il y a quelques années, des chercheurs avaient atteint pour la première fois le plus grand arbre d’Amazonie, haut de 88,5 mètres.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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