En Australie, la sécheresse prend de plus en plus d’ampleur et chacun se bat pour pouvoir continuer à s’hydrater suffisamment. C’est la raison pour laquelle les autorités ont mandaté des tireurs professionnels afin de tuer plus de 10 000 dromadaires dans le sud du pays. Un abattage qui aura pour objectif de réguler la population de ces animaux considérés comme nuisibles. En effet, en s’approchant des sources d’eau pour boire, ils deviennent une menace pour les habitants qui peinent à en trouver.

PLUS DE 10 000 DROMADAIRES CRUELLEMENT FUSILLÉS

La situation en Australie est apparemment si critique et incontrôlable que les autorités sont obligées de prendre des décisions radicales, voire cruelles. Les feux étant d’une violence sans précédent et les ressources en eau ne cessant de s’appauvrir, surtout dans la partie sud du pays, elles ont décidé d’intervenir. Les victimes sont les dromadaires, perçus comme une menace pour les sources d’eau des populations australiennes.

En effet, plus de 10 000 dromadaires sauvages vont être abattus par des tireurs professionnels depuis des hélicoptères. Ces animaux ont été introduits par l’Inde et l’Afghanistan au XIXe siècle et sont aujourd’hui retournés à l’état sauvage. Une omniprésence qui pose de nombreux problèmes aux autorités australiennes. En effet, ceux-ci représenteraient une menace en cette période de grande sécheresse, en voulant s’hydrater dans les eaux des localités situées à l’intérieur du pays.

Afin de justifier cette décision, les responsables locaux de l’Etat d’Australie-Méridionale expliquent que « des troupeaux extrêmement importants », à la recherche d’eau et de vivres, causent des dégâts et sont dangereux pour les automobilistes. « Nous sommes dans une période de fortes chaleurs. Certains dromadaires, assoiffés, essayent d’entrer dans nos maisons, cassent nos clôtures, et tentent d’accéder à l’eau par les climatiseurs », explique également Marita Baker, membre du conseil d’administration des territoires de l’Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara (APY), zone d’administration locale (LGA) dirigée par les aborigènes dans l’extrême nord-ouest de l’Australie-Méridionale.

Ces dromadaires seront abattus durant cinq jours à compter du mercredi 8 janvier dans les territoires de l’APY. Ce sera la première fois qu’une telle opération sera menée dans cet Etat australien.

—Stanislav Fosenbauer / Shutterstock.com

DES ANIMAUX CONSIDÉRÉS COMME DES « NUISIBLES »

En effet, « ces troupeaux exercent du fait de la quête d’eau des dromadaires une pression sur les localités aborigènes des territoires de l’APY et les activités pastorales », explique le comité exécutif des territoires de l’APY dans un communiqué. De plus, le ministère de l’Environnement de l’Etat, favorable à cet abattage, précise tout de même que la sécheresse pose également « de graves questions de bien-être animal » car beaucoup d’animaux meurent de soif ou meurent après s’être battus alors qu’ils voulaient simplement boire. « Dans certains cas, des carcasses d’animaux morts ont contaminé d’importantes sources d’eau et des sites culturels », a rapporté Marita Baker au journal The Australian.

Introduits au cours des années 1840 par les colons en Australie, ils étaient à cette époque utilisés pour transporter des marchandises. En presque 60 ans, 20 000 d’entre eux ont été importés d’Inde. En totale liberté et sans véritables prédateurs, ils ont pu se reproduire et sont donc désormais considérés comme des « nuisibles » qui envahissent et « contaminent » les eaux australiennes, tout en menaçant la faune et la flore de ces régions.

Il y aurait donc en Australie le plus grand nombre au monde de dromadaires sauvages, dont près d’1 million dans les déserts centraux. Dans l’APY, les populations les ont vendus durant de longues années. Une vente devenue rapidement impossible, tant le nombre de dromadaires se regroupant près des rares sources d’eau est devenu important, explique le ministère australien. Raison pour laquelle les autorités ont donc bel et bien décidé d’en abattre une bonne partie. Ils seront tués loin des villages et leurs cadavres seront ensuite brûlés, précise le média ABC.

UNE ESPÈCE RELATIVEMENT MENACÉE

Les dromadaires ne font pas partie des espèces les plus menacées au monde, mais il est tout de même primordial de les préserver. Alors qu’ils étaient environ 1 million au début des années 2000, le nombre de spécimens a baissé d’un quart à la fin de ces années. Une vague de sécheresse qui avait en effet asséché plusieurs sources d’eau, provoquant la mort de ces animaux.

En 2009, à l’aide d’un programme de gestion des dromadaires sauvages, les autorités australiennes avaient permis de faire augmenter leur population. Néanmoins, en 2013, une autre opération d’abattage avait été organisée dans une région de plus de trois millions de km2, ramenant leur population à 300 000 spécimens. Par ailleurs, les spécialistes estiment que sans abattage, le nombre de dromadaires doublerait tous les huit à dix ans.

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Yliad
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Yliad

Plutôt que de bêtement les brûler, pourquoi ne commercialisent-ils pas leur viande? Il est à noter d’ailleurs, que cette viande autrefois utilisée comme aliment pour animaux domestiques est désormais servie dans les restaurants australiens.

André
Invité
André

L’Australie extrait comme les USA , du pétrole par fracking et utilise beaucoup d’eau pour ce faire …. Visiblement l’Australie a choisi entre le pétrole et les animaux !