Une nouvelle étude de l’Université de Yale aux États-Unis révèle que les américains prennent plus au sérieux la douleur d’un petit garçon, que celle d’une petite fille. Ces recherches prouvent également la persistance des stéréotypes liés au genre en médecine, et ce, dès l’enfance.

 

La douleur des filles moins prise au sérieux

Une équipe de chercheurs en psychologie de Yale a publié “Gender Bias in Pediatric Pain Assessment” dans Journal of Pediatric Psychology. Cette étude menée sur (seulement) 264 personnes a dévoilé un résultat inquiétant : la douleur des filles est moins prise au sérieux que celle des garçons.

Pendant l’expérience, les 264 adultes, âgé de 18 à 65 ans, ont visionné la vidéo d’un enfant en train de sa faire piquer le doigt. Le sexe de l’enfant étant ambigu, les scientifiques ont dit à la première moitié des adultes qu’il s’agissait d’une fille nommée Samantha, et à la deuxième moitié que c’était un garçon appelé Samuel. Ensuite, chacun devait évaluer sur une échelle de 1 à 10 la douleur de l’enfant. Et les résultats sont troublant… en effet, ceux qui croyaient que l’enfant était un garçon ont estimé qu’il ressentait plus de douleur que ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’une fille.

Brian Earp, directeur de recherche de cette étude, a également conclu autre chose : ce sont les adultes femmes qui ont marqué le plus de différence entre la douleur de “Samantha” et de “Samuel”. Encore plus que les hommes, elles pensent donc que la douleur du présumé garçon est plus élevée que celle de la présumée fille, alors qu’en réalité c’est le même enfant dont le sexe reste inconnu.

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Les stéréotypes du genre très présents dans le domaine médical

Selon Brian Earp, si les adultes jugent la souffrance différemment en fonction du sexe de l’enfant c’est parce que dans leur esprit pour qu’un garçon s’exprime autant, il faut vraiment qu’il souffre. Alors qu’une fille, plus émotive et sensible, pleure et crie plus facilement.

Ces stéréotypes de genre restent donc bien ancrés dans nos mentalités et faussent nos jugements dans le domaine médical. En 2018, Maya Dusenbery publiait d’ailleurs “Doing Harm” où elle racontait l’influence du sexisme dans le système de santé. En prenant connaissance de l’étude “Sexisme dans l’évaluation de la douleur chez l’enfant” de l’Université de Yale, elle a expliqué que les résultats correspondent vraiment à ce que nous observons dans la perception de la douleur chez les adultes. En général dans le domaine médical, la douleur des femmes est moins prise au sérieux car dans nos imaginaires celles-ci sont plus expressives qu’elles ne le devraient.

Les chercheurs veulent aujourd’hui tenter l’expérience sur des enfants encore plus jeunes, pour arriver à déterminer à quel âge commencent ces préjugés. Il serait préférable également de mener la recherche sur plus de personnes adultes, afin de pouvoir affirmer et généraliser les résultats.

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