Après plusieurs cas au Royaume-Uni début avril, de nombreuses tours 5G ont été endommagées voire détruites un peu partout en Europe. La raison de cette vague de violences ? Des théories du complot liant la propagation du coronavirus aux ondes 5G. Et la situation continue de s’aggraver.

Des attaques qui se propagent en Europe

Début avril, plusieurs tours 5G avaient été incendiées à Birmingham, Liverpool et Melling. À Birmingham, une antenne avait même été totalement détruite. Par la suite, d’autres dégradations ont été signalées en Irlande du Nord, tandis que les attaques se multipliaient un peu partout dans le pays. Rien que durant le week-end de Pâques, comme le rapporte Le Monde, près de vingt antennes ont été dégradées ou incendiées au Royaume-Uni. Et c’est sans compter les nombreuses menacent qui ciblent les ingénieurs en télécommunications.

« Nous en sommes aujourd’hui à plus de cinquante tentatives d’incendie visant des antennes, explique Mobile UK, le syndicat professionnel des opérateurs de télécommunications britanniques. Et nous avons également recensé plus de quatre-vingts agressions ou tentatives d’intimidation contre des employés des télécoms. »

Néanmoins, ces destructions ne se cantonnent pas au Royaume-Uni. En effet, les attaques contre les antennes ont commencé à gagner le reste de l’Europe. Aux Pays-Bas, le quotidien De Telegraaf a recensé 14 attaques. Des cas de dégradations sur des antennes 5G ont également été rapportés en Belgique, à Chypre et en Irlande. En dehors de l’Europe, la Nouvelle-Zélande a elle-aussi subi des attaques.

— Suwin / Shutterstock.com

Des théories du complot qui inquiètent les autorités publiques

L’une de ces théories, qui ont été largement diffusées et relayées sur les réseaux sociaux, affirme que l’épidémie de Covid-19 s’est déclarée à Wuhan suite au déploiement de la 5G, et s’est depuis étendue à d’autres villes utilisant également cette technologie. Les ondes 5G transmettraient le virus et affaibliraient les organismes, ce qui aurait permis le déploiement de l’épidémie, selon celles-ci. C’est vite oublier que l’Iran, qui ne dispose pourtant d’aucune antenne 5G sur son territoire, fait partie des pays les plus durement touchés par l’épidémie.

Pour certains complotistes, le coronavirus serait même une invention, une sorte d’« écran de fumée » inventé par les gouvernements pour masquer le fait que la 5G tuerait. Les applaudissements de 20 heures en l’honneur des soignants feraient même partie du complot et auraient été « inventés par le gouvernement » pour masquer le bruit des tests d’antennes à la même heure, comme le rapporte Le Monde.

Les théories vont donc bon train. « Ce [déploiement 5G] est plus effrayant que la bombe nucléaire parce que les gens seront des zombies vivants et des esclaves de la classe dirigeante riche et sioniste« , peut-on par exemple lire sur un post du groupe 5G & Microwave Radiation. Un engouement qui n’est pas sans inquiéter les autorités publiques.

« Il n’y a pas beaucoup de théories du complot qui réussissent à fédérer assez de militants motivés pour organiser ne serait-ce qu’une manifestation, note Gregory Davis, chercheur pour l’organisation de lutte contre la haine britannique Hope Not Hate. Et là, nous avons eu, en quelques semaines, des dizaines d’incendies volontaires, un crime grave et particulièrement dangereux. Il y a un risque que ces gens fassent encore pire. Si vous travaillez dans les télécommunications, et que des gens pensent que vous essayez de les tuer, vous courez un risque. »

La lutte contre le conspirationnisme s’organise

L’organisme Hope Not Hate déclare ainsi qu’environ 8 % du public britannique pense que le déploiement d’Internet en 5G contribue à la propagation du coronavirus, tandis que 19 % se disent incertains. 37 % des sondés affirment avoir vu des articles ou des vidéos discutant de cette théorie au cours des quatre dernières semaines, ce qui montre que les théories autour du coronavirus ont une certaine visibilité.

Cette visibilité passe essentiellement par les réseaux sociaux. L’un des principaux groupes Facebook contre les antennes 5G, STOP 5G UK, a ainsi atteint en seulement quelques semaines 60 000 abonnés, avant d’être fermé par Facebook. YouTube essaye lui aussi de limiter la visibilité des théories complotistes.

« Fermer ces groupes est utile, juge Gregory Davis. Les personnes qui sont obnubilées par le sujet trouveront d’autres endroits pour en parler ; mais dans ces groupes de plusieurs dizaines de milliers de personnes, il y a aussi beaucoup de personnes qui s’inscrivent par curiosité. Elles ne sont pas forcément complotistes, mais une fois qu’elles sont inscrites, elles voient en permanence dans leur fil d’actualité des messages antisémites ou anti-vaccins. »

Dans la même optique, Twitter a confirmé ce 22 avril qu’il ciblait désormais les tweets mensongers ou incitant à la destruction d’infrastructures 5G, qui pourront être supprimés. 2 200 tweets propageant de fausses informations ont déjà été supprimés, précise la société à TechCrunch. 3,4 millions de comptes ont été analysés à ce sujet par les systèmes automatisés de Twitter.

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olibiobus
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olibiobus

Je ne crois pas qu’il faille imputer la destruction d’installations 5G au seul complotisme en liaison avec le Covid19. Au contraire, je crois que de très nombreuses personnes et associations sont opposées à la 5G pour des raisons écologiques (obsolescence des anciens smartphones et des anciens relais, gabegie énergétique, numérique… Lire la suite »

Delooz
Invité
Delooz

Probable que la 5G ne soit pas la cause de la propagation du Corona, n’empêche que des experts indépendants démontrent la dangerosité de la 5G pour la population, mais aussi pour le monde animal. ce que les ‘experts’ pro 5G ne parviennent pas à démentir de façon scientifique.