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De nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’université de Californie à San Francisco suggèrent que la dépression pourrait accélérer le vieillissement au niveau cellulaire.

Étudier les horloges épigénétiques pour estimer l’âge biologique d’un individu

Facteur de risque pour de nombreuses maladies liées au vieillissement, notamment les affections cardiovasculaires, la maladie d’Alzheimer et l’ostéoporose, le trouble dépressif majeur (TDM) a également été associé à une mortalité précoce. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Translational Psychiatry, des chercheurs américains ont déterminé que la dépression pouvait déclencher un processus biologique à l’intérieur de l’organisme, responsable de l’accélération du vieillissement des cellules.

« L’une des choses remarquables à propos de la dépression est que les personnes qui en souffrent présentent des taux étonnamment plus élevés de maladies physiques liées à l’âge et de mortalité précoce, même après avoir pris en compte des éléments comme le taux de suicide et les habitudes de vie », a déclaré le Dr Owen Wolkowitz, co-auteur de l’étude. « Cela a toujours été un mystère, et c’est ce qui nous a conduits à rechercher des signes de vieillissement au niveau cellulaire. »

Afin d’en savoir plus, son équipe s’est tournée vers les horloges épigénétiques, mesurant les changements chimiques spécifiques dans l’ADN d’une personne pour estimer son âge biologique, ou cellulaire.

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À mesure qu’une personne vieillit, des atomes particuliers de son ADN commencent à être remplacés par des groupes méthyles (un atome de carbone lié à trois atomes d’hydrogène), au cours d’un processus naturel appelé méthylation. Et il s’avère que ces changements chimiques modifient la fonction des gènes dans les cellules. En étudiant ces modifications, les chercheurs peuvent également mieux comprendre si une maladie, comme la dépression, peut être liée à l’accélération du vieillissement cellulaire.

Un vieillissement cellulaire accéléré de deux ans en moyenne

Pour cette nouvelle étude, les scientifiques ont recherché des schémas spécifiques de méthylation ayant été précédemment liés à la mortalité, un indicateur connu sous le nom de « GrimAge », en utilisant des échantillons sanguins de 49 personnes souffrant de troubles dépressifs majeurs mais ne suivant pas de traitements médicamenteux, et de 60 témoins sains du même âge. Les chercheurs tenant compte du sexe, du tabagisme et de l’indice de masse corporelle.

Même si les personnes souffrant de dépression majeure ne présentaient pas de signes physiques de vieillissement accéléré, elles possédaient un GrimAge plus élevé par rapport à leur âge chronologique, se traduisant par un vieillissement cellulaire accéléré de deux ans en moyenne par rapport aux témoins sains.

« Cette étude modifie la façon dont nous appréhendons la dépression, qui passe d’une maladie purement mentale ou psychiatrique, limitée aux processus cérébraux, à une maladie concernant l’organisme dans son ensemble », a déclaré Katerina Protsenko, auteure principale de l’étude. « Cela devrait modifier fondamentalement la façon dont nous abordons la dépression et dont nous la considérons – comme un élément de notre santé globale. »

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Un échantillon plus large et diversifié pour appuyer les résultats observés

L’équipe rappelle toutefois que les recherches menées n’ont pas permis de déterminer si la dépression provoquait des changements dans la méthylation chez certaines personnes, ou si cette affection et la méthylation étaient toutes deux liées à un autre facteur sous-jacent. Selon eux, il est possible que certains individus soient prédisposés à des schémas de méthylation spécifiques lorsqu’ils sont exposés à des facteurs de stress.

En raison du nombre relativement modeste de sujets impliqués, ces résultats devront également être reproduits pour un échantillon plus large et plus diversifié.

Dans les mois qui viennent, les chercheurs entendent déterminer si des traitements ou une thérapie pourraient prévenir les changements de méthylation à l’origine de l’accélération du vieillissement biologique.

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Il serait intéressant, à mon sens, de savoir si un citoyen lambda, ayant souffert d’une dépression sévère suite à … (SPT, deuil), soigné et déclaré comme « guéri » (qui n’a plus besoin de traitements type médicamenteux) a les mêmes prédispositions ou si l’impact est moindre. Idem pour les personnes « fragiles » mais… Lire la suite »